Le gouvernement sénégalais veut accélérer la transformation numérique du pays. Lors d’une cérémonie consacrée au lancement des projets structurants du New Deal technologique, le Premier ministre Ousmane Sonko a détaillé les ambitions de l’État pour moderniser l’administration, renforcer la souveraineté numérique et élargir l’accès à internet.
A l’occasion du premier anniversaire du lancement du « New Deal technologique, Ousmane Sonko a évoqué un chantier qui s’inscrit dans la vision stratégique portée par le président Bassirou Diomaye Faye et son programme de transformation du pays.
Une transformation « irréversible »
Dans son discours, le chef du gouvernement a rappelé que la stratégie numérique découle directement de la Vision Sénégal 2050, qui prévoit d’accélérer la digitalisation de l’économie et de l’administration. Pour lui, l’objectif dépasse la simple modernisation des outils. « Il ne s’agit pas de développer le numérique, ni de moderniser nos outils. Il s’agit d’une transformation, c’est-à-dire une rupture profonde, irréversible, des structures, des habitudes et des modes de fonctionnement », a dit le Premier ministre.
Le programme repose sur 12 projets prioritaires, avec un portefeuille d’investissements estimé à près de 1 100 milliards de francs CFA entre 2025 et 2034.
Une nouvelle gouvernance du numérique
Parmi les premières décisions prises figure la création du Comité de gouvernance du numérique (GouvNum), chargé de coordonner les projets digitaux de l’État.
L’objectif : éviter la multiplication d’initiatives isolées entre ministères et agences publiques.
« Sans coordination, chaque ministère développe sa propre solution et au final c’est le Trésor public qui paie la facture de cette incohérence. »
Un Conseil national du numérique, composé d’experts de l’écosystème technologique, a également été installé pour conseiller l’État sur les grandes orientations.
Un guichet unique pour les citoyens
Au cœur des annonces figure le Guichet unique du citoyen, présenté comme la pièce maîtresse du dispositif.
Cette plateforme numérique doit permettre aux Sénégalais d’effectuer leurs démarches administratives en ligne, depuis n’importe quelle région. « Chaque Sénégalais pourra accéder aux services de l’administration, soumettre ses demandes, suivre leur traitement et recevoir ses documents sans se déplacer. »
Le gouvernement prévoit également la mise en place de la plateforme e-Consulat, destinée à simplifier les démarches administratives pour les Sénégalais de la diaspora.
Des infrastructures pour la souveraineté numérique
Le projet prévoit aussi un renforcement des infrastructures numériques, notamment à travers le déploiement de solutions cloud dans les data centers de Diamniadio et d’Orana. L’ambition est claire : garder les données sensibles sur le territoire national. « Nos données les plus sensibles seront hébergées sur le territoire national, dans des conditions dont nous assurons le contrôle. » Dans la même dynamique, la bande passante nationale doit être fortement renforcée, passant de 600 mégabits à 20 gigabits.
Connecter les zones blanches et miser sur les startups
Le New Deal technologique prévoit aussi un projet de connectivité universelle, visant à connecter gratuitement plus d’un million de Sénégalais vivant dans les zones blanches. Une initiative destinée à éviter que la révolution numérique ne creuse davantage les inégalités territoriales. « Aucune révolution numérique ne peut être tenue pour aboutie si elle laisse une partie des citoyens en marge. »
Le gouvernement entend également soutenir l’innovation locale à travers le Start-up Act, qui vise à offrir un cadre juridique et un environnement favorable aux jeunes entrepreneurs technologiques.
Selon le Premier ministre, l’ambition est de faire du Sénégal « une pépinière de champions technologiques » capables de rayonner sur le continent.
« Derrière chaque plateforme, il y a un visage »
En conclusion, le chef du gouvernement a insisté sur l’impact concret de la digitalisation sur la vie quotidienne des citoyens. « Derrière chaque plateforme, chaque infrastructure, chaque procédure simplifiée, il y a un visage. Celui du jeune diplômé qui cherche du travail, de la femme qui accède à la protection sociale ou du Sénégalais de la diaspora qui renouvelle ses documents sans se déplacer. »
Pour le Premier ministre, le New Deal technologique ne doit pas être perçu comme un simple programme gouvernemental. « Le New Deal technologique n’est pas un programme. C’est un engagement. Et ensemble, nous allons le tenir. »
O.B.N
