« Au sein de l’actuelle majorité au pouvoir, deux groupes se font face : l’un soutient le président Diomaye, l’autre soutient Ousmane Sonko. Les partisans de Sonko s’opposent fermement à toute éventuelle candidature de Macky Sall ou à un soutien sénégalais à celle-ci. Leur refus s’appuie sur ce que l’on peut qualifier de passif humanitaire, c’est-à-dire la série de violences ayant entraîné morts et emprisonnements, qui demeure un enjeu majeur à leurs yeux et pour lequel ils estiment que la justice doit aller jusqu’au bout.
Actuellement, l’arrêt de la réédition des comptes, lié à la position du président Diomaye, peut constituer un obstacle important dans les relations entre les deux chefs de l’exécutif. Mais ce qui prime, c’est avant tout la position officielle du Sénégal. Même si cette question aurait été abordée lors du récent voyage présidentiel, cela ne signifie en aucun cas qu’un accord de soutien a été conclu. Jusqu’à présent, la position du pays reste inconnue, et il est crucial d’obtenir des clarifications politiques claires sur cet enjeu national.
Le président de la République est attendu pour se positionner au-dessus des querelles partisanes, en cohérence avec son engagement politique. La réalité politique exige une position claire et assumée, même face aux ambitions personnelles et aux logiques cachées. Le courage politique implique de dire sa position et de prendre ses responsabilités. Si cette étape n’est pas franchie, cela révèle d’autres logiques à l’œuvre, éloignées de l’intérêt national.
Au sein du PASTEF, dirigé par Ousmane Sonko, il est clair qu’il n’est nullement question de soutenir la candidature de Macky Sall, au regard des violences et violations des droits de l’homme survenues dans le pays, avec près d’une centaine de morts et de nombreux emprisonnements. Il revient donc au président de la République de clarifier sa position. Tant que cela n’est pas fait, le flou persistera, et en politique, le flou ne paye pas. Les Sénégalais ont besoin de clarifications et de courage politique, et cette responsabilité incombe aux dirigeants eux-mêmes ».
Nando Cabral Gomis

