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samedi, mai 18, 2024
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Milices privées : Le Sénégal est-il en danger ?

par pierre Dieme

Les milices privées sont souvent le fruit de l’orgueil d’individus qui, parce qu’ils se sentent important, ont besoin d’être entourés y compris par des services de sécurité dont ils n’ont pas forcément besoin.

Ce sont en général les hommes politiques, des religieux qui forment des milices privées à des degrés divers soit pour leur propre sécurité soit pour celle des personnes qu’ils sont censés protéger ou faire protéger.

Ce qu’il faut savoir, c’est que toute formation d’une sécurité privée est encadrée par la loi.

Comme dans beaucoup de secteurs aujourd’hui, il y a une forme de privatisation des services de sécurité qui s’opère : l’armée, la police ont tendance à être privatisées.

Il y a des armées privées comme il y a des polices privées dans les grandes démocraties notamment. A côté, il y a des agences de sécurité privées qui assurent la protection de personnalités, d’institutions, notamment dans nos pays.

Selon wikipedia, une société militaire privée (SMP), également appelée entreprise militaire et de sécurité privée (EMSP) ou encore entreprise de services de sécurité et de défense (ESSD) et en anglais private military company (PMC), est une société fournissant des services dans le domaine de la sécurité et de la défense à des gouvernements, organisations internationales, ONG ou entreprises privées ; en 2012, la désignation officielle française est « entreprise de services de sécurité et de défense ».

C’est en effet dans les années 90 que ce type de société a connu son essor avec les guerres en Irak et en Afghanistan mais aussi avec la naissance de nouveaux défis sécuritaires avec le terrorisme.

Il faudra tout de suite préciser que la naissance de ses sociétés est très lente dans les pays dits francophones avec ce dogme du caractère régalien de l’Etat à qui incombent certaines missions.

Mais, les mercenaires ont toujours existé y compris dans les pays francophones souvent en prise à des coups d’Etat organisés par des individus comme Bob Denard qui a déstabilisé beaucoup de pays africains dans les années 80. 

L’une de ses sociétés nées après les attaques du 11 septembre, est Blackwater. Une armée privée florissante qui travaille même avec le gouvernement des Etats-Unis y compris pour la protection de ses soldats sur les différents théâtres d’opérations.

Chez nous, au Sénégal, ces missions sont assurées par l’Etat sauf que depuis l’arrivée de Macky Sall en 2012, l’idée de recruter des agents de sécurité de proximité a prospéré.

Les Asp ont été recrutés, formés et ventilés dans les différents commissariats et les brigades de gendarmerie avec des fortunes diverses.

Sauf que ce ne sont pas des fonctionnaires encore moins des contractuels de l’administration et ne sont pas non plus des policiers. Leur statut, ambiguë, qui de bénévolat simple, traduit la réticence des autorités du Sénégal à privatiser les questions de sécurité.

C’est dire à quel point il n’est pas admissible, au Sénégal, dans cette dynamique du caractère sacré des missions régaliennes de l’Etat dont la sécurité, que l’on assiste à la mise en place de soi-disant centres de redressement qui ne sont pas conçus et gérés par l’Etat.

La démarche est à la limite insolite. Car, admettre plus de 300 jeunes dans des centres complètement à l’insu de l’Etat n’est pas admissible dans une République qui se respecte.

Certes, il y a, chez nous, la liberté de culte et la liberté d’association, mais la République ne donne à aucun individu, le droit de disposer, à sa guise, du corps et de l’intégrité morale d’un autre.

Or, c’est ce qui s’est passé dans ces centres. Quelqu’un se réveille et croit détenir la vérité et décide d’imposer sa façon de voir les choses à d’autres y compris par la contrainte.

Malheureusement, il y a une tendance générale, observable, de la mise en place de ces genres de milices notamment chez des chefs religieux.

Ils arborent des tenues, observent une certaine discipline, font des manœuvres sans que l’on sache vraiment à quelle fin.

Il est alors heureux que ces centres soient démantelés et que certains individus soient arrêtés.

Se pose alors l’épineuse question aux autorités : Comment arrêter les exécutants et laisser en liberté le ou les planificateurs ?

En clair, en droit pénal, le donneur d’ordre est un complice par instigation. Et à ce titre, il doit subir toute la rigueur de la loi.

Assane Samb

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