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lundi, avril 15, 2024
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Marche pour la libération de Pape Alé Niang : des politiques en renfort

par pierre Dieme

Marche des professionnels des médias pour la libération de Pape Alé NIANG, À l’appel de la Coordination des associations de presse (CAP), les professionnels des médias ont battu le macadam hier, vendredi

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À l’appel de la Coordination des associations de presse (CAP), les professionnels des médias ont battu le macadam hier, vendredi 18 novembre, pour exiger la libération sans condition de leur confrère, Pape Alé Niang, directeur du Site d’information Dakar Matin. Cette marche qui s’est déroulée sur l’avenue Bourguiba de la Fastef ex-École normale supérieure au rond-point du jet d’eau a enregistré la présence de plusieurs acteurs politiques, notamment de l’opposition.

Sur l’avenue du président Bourguiba où s’est tenue hier, vendredi 18 novembre, une marche pour la libération du directeur du Site d’information Dakar Matin, Pape Alé Niang, il n’y avait pas que des journalistes et autres techniciens des médias à braver la chaleur. Plusieurs acteurs politiques notamment de l’opposition ont également pris part à cette manifestation à l’appel de la Coordination des associations de presse (CAP). Parmi eux, on peut citer entre autres le leader du parti Awalé, Dr Abdourahmane Diouf, Moussa Taye de Taxawu Dakar, le doyen Mamadou Goumbala, le Coordonnateur national de la plateforme « Avenir Sénégal bi nu begg », Dr Cheikh Tidiane Dièye, des responsables du parti Pastef dont Amadou Ba et Thierno Bocoum, leader du mouvement Agir et pour ne citer que ceux-là.

La plupart de ces acteurs politiques ont fait le circuit de la marche qui s’est déroulé de la Fastef ex-École normale supérieure au rond-point du jet d’eau aux côtés des professionnels des médias. Il en est de même pour les responsables du Collectif pour la Libération des Détenus Politiques (Colidep). Avec des pancartes et des teeshirts à l’effigie du journaliste détenu à la prison de Sébikhotane pour « diffusion d’informations militaires non autorisées par la hiérarchie, recel de documents administratifs et militaires, diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques. », tous ont battu le pavé sous haute surveillance des forces de police et de la Gendarmerie nationale.

Très critique à l’égard du régime en place, Pape Alé Niang, patron du site d’information Dakar Matin a été arrêté le 6 novembre par des éléments de la sureté urbaine alors qu’il faisait changer des roues de son véhicule sans convocation préalable. Conduit à la Police centrale, il sera par la suite placé en garde à vue pour « divulgation d’informations de nature à nuire à la défense nationale, recel de documents administratifs et militaires et diffusion de fausses nouvelles. Déféré au Parquet le 9 novembre, il est inculpé et placé en détention préventive à la Maison d’arrêt de Sébikotane.

Cette procédure fait suite à la diffusion par le journaliste d’un rapport d’enquête interne de la Gendarmerie qui aurait mouillé l’ancien procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye, l’ancien patron de la Section de recherche de la Gendarmerie, le commandant Mbengue, et l’actuel Haut commandant de la Gendarmerie nationale dans la falsification de procès-verbal d’enquête. Ceci, dans le but de corser les accusations de « viols répétés et menaces de mort » avec arme portées par Adji Sarr contre l’opposant Ousmane Sonko. Ce rapport interne de la Gendarmerie nationale serait commandité par l’ex Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Jean Baptiste Tine à la suite des accusations de « violation de ses obligations militaires » contre le capitaine Seydina Oumar Touré, alors officier de police judiciaire à la section de recherches de la Gendarmerie qui avait mené l’enquête préliminaire dans le cadre de cette affaire opposant Adji Sarr et Ousmane Sonko.

DR ABDOURAHMANE DIOUF, PRESIDENT DU PARTI AWALE : « Je suis là en tant qu’homme politique, (…) indigné par le fait que notre démocratie est en train de partir en vrille »
Je suis là en tant qu’homme politique mais aussi en tant que sénégalais indigné par le fait que notre démocratie est en train de partir en vrille. Nous avons élu un président, Macky Sall, suivant des principes très démocratiques sans lesquels il n’aurait jamais pu être président de la République parce que nous connaissons tous son parcours. C’est parce que les Sénégalais ont la poitrine large, c’est parce que nous avons des préceptes démocratiques qui sont ancrés chez nous depuis longtemps qu’il a pu devenir président de la République. Seulement, nous constatons depuis qu’il a pris fonction, il s’attelé à annuler toutes ces règles démocratiques pour se donner un règne à la limite infini. Il a perdu son premier mandat à faire de la traque de ses opposants en emprisonnant : Karim Wade, Khalifa Sall. Il n’était pas focalisé sur les intérêts des Sénégalais mais travailler à éliminer des opposants susceptibles de le remplacer, ce qui a fait échouer son premier mandat. Mais, après sa réélection pour son second et dernier mandat, comme il est entouré par des gens qui ne pensent qu’à leur propre intérêt en mettant de côté ceux du Sénégal, ces derniers sont en train de l’induire en erreur en le faisant croire qu’il peut avoir une troisième candidature. Il n’a plus les yeux fixés sur le Sénégal mais sur sa seule ambition de continuer à être président au-delà de 2024. Et, pour cela, il va emprisonner Pape Alé Niang, il va certainement emprisonner encore d’autres journalistes et d’autres opposants politiques et même des gens de la société civile pour faire en sorte qu’il n’y ait aucune voix discordante par rapport à lui. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est pour lui dire, tous unis que nous sommes prêts à reprendre notre Sénégal et que pour les 14 mois qui lui restent comme président de la République, il n’a qu’à gérer les affaires courantes pour nous rendre notre pays, au moins, tel que nous lui avons donné ».

MOUSSA TAYE, CONSEIL EN POLITIQUE DE KHALIFA ABABACAR SALL « Ce combat que mènent les acteurs de la presse n’est pas exclusivement pour la libération de Pape Alé Niang »
« C’est une mobilisation exceptionnelle. Au-delà des journalistes, c’est tous les Sénégalais qui se sont mobilisés aujourd’hui : la société civile est là, les hommes politiques sont là, tous les Sénégalais épris de paix, de justice et de démocratie sont là, aujourd’hui pour dire non au monstre et dire oui au respect des droits de l’homme et de la liberté. Personnellement, je pense que cette liberté commence par celle de la presse. Dans un pays où, il n’y a pas de liberté de la presse, il n’y a pas de liberté. Donc, ce combat que mènent les acteurs de la presse n’est pas exclusivement pour la libération de Pape Alé Niang mais un combat de principe pour la démocratie et la liberté dans ce pays ».

SEYDI GASSAMA, DIRECTEUR EXECUTIF DE LA SECTION SENEGALAISE D’AMNESTY INTERNATIONAL :  « Le message de cette mobilisation exceptionnelle, c’est de dire au président Macky Sall qu’il a atteint une limite qu’il ne doit pas franchir »
« On a eu une mobilisation exceptionnelle de la presse d’abord, corporation à laquelle appartient Pape Alé Niang, mais aussi des citoyens sénégalais tous âges confondus pour soutenir non seulement la liberté de la presse mais aussi le droit des citoyens à l’information. Il s’agit là de deux droits fondamentaux en démocratie mais qui sont, aujourd’hui, menacés par les dérives autoritaires du pouvoir en place. Nous ne pouvons pas, aujourd’hui, compter sur la justice pour nous protéger contre ces dérives-là. Le seul rempart que nous disposons, c’est la mobilisation citoyenne. Les citoyens doivent pouvoir, chaque fois que les libertés sont en danger, quel que soit leur appartenance politique ou sociale, se mobiliser pour dire non et montrer à l’Etat la limite qu’il ne faut pas franchir. Aujourd’hui, le message de cette mobilisation exceptionnelle, c’est de dire au président, Macky Sall qu’il a atteint une limite qu’il ne doit pas franchir. Pape Alé Niang doit être libéré immédiatement, la presse doit pouvoir continuer à faire son travail librement parce qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse ».

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