Cette année, la Journée mondiale du rein est célébrée sur le thème : « La santé rénale : prendre soin de tous tout en protégeant la planète ». D’après une note d’information du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, au Sénégal, chaque année, des milliers de patients atteignent un stade où ils auront besoin soit de dialyse soit de transplantation pour survivre
Au Sénégal, les estimations révèlent que, chaque année, entre 2.000 et 4.000 patients atteignent les stades 4 et 5 de la maladie rénale chronique. Des niveaux avancés nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale pour survivre. L’information est contenue dans une note du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique adressée aux populations dans le cadre de la célébration, hier, jeudi 12 mars, de l’édition 2026 de la Journée mondiale du rein.
Le thème retenu cette année : « La santé rénale : prendre soin de tous tout en protégeant la planète », est particulièrement porteur de sens. Il invite chaque citoyen à s’interroger non seulement sur sa propre santé, mais aussi sur les liens entre nos modes de vie, notre environnement et la santé de nos reins. D’après le texte, sans traitement de suppléance à ce stade, la mortalité est de 100 %. Le ministère de la Santé invite donc les populations au dépistage précoce qui, renseigne-t-il, repose sur des examens simples, accessibles et peu coûteux, c’est-à-dire une prise de sang (créatininémie) et un test d’urine qui permettent d’évaluer la fonction rénale. Ces examens, indiquent les autorités sanitaires, peuvent être réalisés dans les centres de santé et hôpitaux du pays. À en croire le ministère de la Santé, en raison de son caractère silencieux, la maladie rénale passe souvent inaperçue jusqu’à un stade critique. « Au Sénégal, on estime que la grande majorité des personnes atteintes ignorent leur état de santé rénale », déplore la note d’information.
La Maladie rénale chronique (Mrc) représente, aujourd’hui, un défi majeur de santé publique mondiale. Elle touche plus de 850 millions de personnes, soit 1 personne sur 10 dans le monde. Si les tendances actuelles se maintiennent, prévient le département de la Santé du Sénégal, l’insuffisance rénale chronique deviendra la cinquième cause de décès à l’échelle mondiale d’ici à 2050 ; ce qui impose une mobilisation collective, urgente et soutenue. Le document sensibilise également les populations sur certaines conditions de santé ou habitudes de vie qui augmentent significativement le risque de développer une maladie rénale. Il stipule aussi que l’insuffisance rénale chronique constitue un facteur de risque cardiovasculaire majeur, indépendamment de ceux connus, tels que le tabac ou l’obésité.
Une prévalence estimée à 4,3 %
Au Sénégal, la prévalence de la maladie rénale est estimée à 4,3 % de la population, soit environ 774.000 personnes affectées (enquête Steps 2024). Face à ce défi, souligne la note d’information du ministère de la Santé transmise dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du rein, l’État a considérablement renforcé l’offre de soins dédiée. Trois techniques permettent de suppléer la défaillance rénale lorsque ces organes ne sont plus opérationnels. Il s’agit de l’hémodialyse (le sang est filtré par une machine en dehors du corps) ; de la dialyse péritonéale (la filtration s’effectue au sein même du corps via le péritoine) ; la transplantation rénale (remplacement du rein défaillant par un rein sain). Toutes ces trois modalités de traitement, précise le ministère, sont désormais disponibles au Sénégal. « Au début de l’année 2025, on dénombrait 980 patients en hémodialyse régulière, 53 patients traités par dialyse péritonéale et 4 patients ayant bénéficié d’une transplantation rénale dans le pays », lit-on dans le document.
Ndiol Maka SECK

