Lorsqu’un pouvoir, qui n’avait que peu de vertu et presque pas de caractère, perd le minimum de respect qu’une partie importante du peuple lui vouait, Il rentre, assurément, dans un état de dégénérescence. Toute gouvernance qui ne met pas l’éthique au dessus du politique et du technique est condamnée à l’échec. Ce n’est qu’une question de temps.
Macky Sall a presque fini de se révéler. Il n’a aucun autre levier politique que la ruse, la corruption, l’intimidation ou la menace. Or ces leviers sont devenus inopérants au Sénégal. Ce sera aussi le cas , sous peu, partout en Afrique. Les Sénégalais n’ont pas peur. Ils n’ont plus peur. Car une masse critique de personnes a ouvert les yeux pour découvrir la fugacité du pouvoir.
Les dictatures les plus violentes ont fini par s’effondrer partout, détruites par des peuples courageux qui ont résisté et ont lutté pour leur propre libération. Les rares qui tiennent encore debout ici et là, à l’image des petites dictatures tropicales déjà installées ou émergentes, connaîtront le même sort.
Ceux qui accordaient encore à Macky Sall du crédit, espérant de sa part un sursaut salutaire, rendant possible une sortie moyennement honorable, ont grillé leurs dernières illusions.
Alors qu’il devait mobiliser toute son énergie pour résorber son retard dans la construction du pays et rectifier la trajectoire d’une gestion tatillonne faite de fautes politiques et d’errements économiques, le voilà prêt à tout pour gagner la confiance de partenaires étrangers, après avoir perdu celle des sénégalais.
Il est désormais sous l’influence de toutes sortes de réseaux occultes nationaux et étrangers et de forces interlopes dont la mainmise sur les décisions qui engagent notre pays est inacceptable.
C’est donc à nous tous de nous dresser devant lui pour que la sombre destinée qu’il nous réserve ne se réalise pas. Ses nouveaux amis n’aiment pas le Sénégal. Ils aiment l’Afrique encore moins. Ils n’ont que faire de la paix et du développement du continent. Seuls les marchés, les profits et les contrats les intéressent.
Le vote de la Loi sur le terrorisme m’a définitivement convaincu sur le fait qu’on ne peut plus rien attendre de Macky Sall. Il a définitivement perdu le Nord. Serait-il à ce point anéanti par les effets du Fouta Tampi ou le syndrome post-traumatique né de la raclée subie en février-mais dernier? Peut-être !
On ne lutte pas contre le terrorisme par des lois illégitimes dont le seul dessein est de restreindre les libertés et terroriser la population au point d’espérer lui enlever toute volonté de lutter pour sa démocratie. On prévient le terrorisme en éduquant sa population, en l’informant, en lui donnant du travail et en élevant sa conscience civique et morale. On lutte efficacement contre le terrorisme en mettant les forces de défense et de sécurité dans des conditions de travail et de vie sociale et familiale décentes qui augmentent leur motivation et renforcent leur intégrité. L’état de droit et la démocratie ne sont pas des obstacles ou des contraintes à la lutte contre le terrorisme. Ce sont les meilleurs remparts contre les menaces et toutes les agressions intérieures et extérieures.
Il lui reste encore trois années pour se trouver un remplaçant dans son camp et se préparer à l’échéance inéluctable d’une élection en 2024 à laquelle il ne prendrait pas part. Étant un républicain, je lui souhaite de terminer son dernier mandat dans la paix et le conseille d’abandonner toute attaque ou représailles contre l’opposition et les militants de la société et civile, si tel était encore son rêve. En démocratie, l’opposition et le pouvoir sont la thèse et l’antithèse. Les deux faces d’une même pièce. Il doit comprendre, une fois pour toute, que nous ne le laisserons plus s’attaquer aux opposant sans raison ou travestir nos lois pour ses objectifs politiques.
Tenter de réduire l’opposition « à sa plus simple expression » serait une vaine entreprise. Au Sénégal, aucun président ne pourra plus imposer son remplaçant. Aucun président ne peut s’imposer au peuple sénégalais, le seul souverain, si telle n’est pas la volonté de ce dernier. Aucune puissance étrangère ne peut influencer, modifier ou changer le choix des sénégalais.
Lii ku ko xam rek noppalu!
Pour finir, je voudrais inviter l’opposition, les mouvements citoyens nationaux ou locaux, les associations de la société civile et toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager dans la préparation des élections locales à investir le terrain pour mobiliser les citoyens et co-construire avec eux des Programmes Alternatifs de Refondation Locale (PAREL 2022) . Que nul ne s’y trompe. Macky Sall est dans une stratégie consistant à jeter un os à ronger à l’opposition, semaine après semaine, pour la divertir, pendant qu’il sillonne le pays pour battre campagne, avant l’heure, sous le couvert d’une tournée économique qui ne trompe personne. C’est à l’opposition de déjouer le piège.
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