Le Parlement sénégalais a adopté, mercredi 11 mars, une loi doublant la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles, la portant à 10 ans et punissant la «promotion, le soutien ou le financement» de «ces actes contre nature». Dans la soirée du jeudi 12 mars, Volker Türk, Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, a demandé au Président Diomaye Faye de «ne pas promulguer cette loi néfaste» pour les libertés.
«Cette loi bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité et aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique (…) J’exhorte le Président à ne pas promulguer cette loi néfaste et j’appelle les autorités à abroger la loi discriminatoire», a écrit Volker Türk, dans un communiqué.
En poursuivant, le défenseur des droits humains a soutenu que cette «loi expose les personnes (homosexuelles) à des crimes de haine, à des abus, à des arrestations arbitraires, au chantage et à une discrimination généralisée dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du logement», ajoutant qu’elle «restreint» le travail légitime des défenseurs des droits humains, des médias et la liberté d’expression au Sénégal.
Pour rappel, les 130 parlementaires du Pastef (pouvoir) sur les 165 que compte l’Assemblée nationale ont voté pour le durcissement des sanctions pénales. Par contre, trois députés de l’opposition se sont abstenus, et aucun élu n’a voté contre.
Charles KOSSONOU

