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mercredi, avril 17, 2024
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Les frères siamois rufisquois de Macky à la manœuvre

par pierre Dieme

Ils sortent subitement de leur coin pour plaider comme par pure coïncidence un couplage des élections en 2024

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Ismaïla Madior Fall et Seydou Diouf étaient les invités respectifs des émissions « Opinion » de Walf Tv et « Jury du dimanche » de Iradio. L’ancien ministre de la Justice et le président de la commission des lois à l’Assemblée nationale se sont prononcés sur les futures élections notamment les locales, les législatives et la présidentielle de 2024. On aurait dit qu’ils étaient en mission commandée pour baliser le chemin d’un futur couplage des scrutins à venir !

Son arrivée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir a sonné le début d’une décadence intellectuelle aiguë. Ismaïla Madior Fall, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a « enterré » ses convictions pour rester dans les faveurs du Prince.

Pire, celui qui fut crédité d’une crédibilité dans l’exégèse de nos institutions, a été amené à tordre le coup aux normes constitutionnelles et principes généraux du droit dans le but d’auréoler d’un semblant de légalité les coups tordus de Sa Majesté. D’ailleurs pour mieux servir son « patron » et l’aider à manipuler les textes à sa guise, l’éminent professeur de droit constitutionnel Ismaïla Madior Fall avait intégré l’Alliance pour la République (APR) dès sa nomination au poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Dès lors, il a multiplié les sorties pour justifier tout et son contraire, y compris l’injustifiable.

Le Rufisquois, en bon avocat de circonstance qu’il était devenu, n’hésitait pas à aller au charbon pour défendre toutes les actions juridico-politiques du chef de l’Etat comme ce fut le cas avec la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Ababacar Sall. Ce après avoir théorisé, en tant que conseiller juridique du Président, l’impossibilité pour ce dernier de réduire la durée de son mandat présidentiel comme il en avait fait la promesse. Ismaïla Madior Fall avait aussi défendu bec et ongles le parrainage et n’hésitait pas à s’attaquer aux détracteurs de son chef qui voulaient, selon lui, décrédibiliser ce projet qu’il a réussi à faire passer par la force. Sa mission « terminée » après avoir réussi à éliminer électoralement beaucoup d’opposants à son chef, Ismaïla Madior Fall quittera le ministère de la Justice pour être casé à la présidence de la République comme ministre d’État. Pendant plus d’un an, le constitutionnaliste se cache comme s’il voulait se faire oublier. Ce, jusqu’à ce que l’entité administrative qu’est sa ville de Rufisque soit menacée de suppression par son « patron » au même titre que toutes les autres villes en tant que collectivités locales d’ailleurs. Une menace de suppression de sa ville qui ne semble d’ailleurs pas refroidir l’engagement de Ismaïla Madior Fall auprès de son leader Macky Sall. Face à Pierre Edouard Faye dans l’émission « Opinion » de Walf Tv, Ismaïla Madior Fall a cherché à défendre son « patron » dans sa volonté de suppression des villes.

Selon lui, « il s’agit de parachever ou de continuer la réforme qui a été initiée en 2013 par le président de la République, l’Acte 3 de la décentralisation. Au moment où on faisait la réforme, la date des élections est tombée, 2014. Il a dit de ne pas reporter les élections locales. On a fait les élections locales et on a dit que, dans ce cas, on va mettre en œuvre une partie de la réforme de l’acte 3 de la décentralisation, l’autre partie après les élections. Donc là, il s’agit de mettre en œuvre la phase 2 », a expliqué Pr Ismaïla Madior Fall. Abordant la question des prochaines élections locales qui fait l’objet de débats dans l’espace politique, le constitutionnaliste a tenu à laver à grande eau Macky Sall. Selon lui, le souhait du président de la République est d’organiser les élections Locales au courant de l’année 2021. « Mais c’est le Dialogue national qui a dit qu’il faut au préalable auditer le fichier qui avait déjà un taux de fiabilité de 98% à la veille de l’élection présidentielle, et qu’il fallait aussi évaluer le processus électoral», soutient-il.

A l’en croire, et pour une fois, la faute n’est pas imputable au pouvoir. Toujours dans sa robe d’avocat du président de la République, Ismaïla Madior Fall avait aussi estimé que le nouveau régime sur l’état d’urgence élargi aux catastrophes naturelles ou sanitaires est beaucoup plus « soft » que la loi qui existait auparavant. Tout en appelant les uns et les autres à ne pas s’inquiéter parce que « le périmètre est bien circonscrit ». « La loi sur les catastrophes naturelles ou sanitaires, c’était juste pour permettre à l’Exécutif de pouvoir, dans la célérité, faire face à une menace qui est nouvelle sans aller à l’Assemblée nationale. Le Sénégal avait juste des instruments de lutte en cas de menaces sécuritaires mais on n’avait pas d’instruments appropriés », défendait-il.

Sur le 3ème mandat, Ismaïla Madior Fall qui avait, devant la presse, répété trois fois que « nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs » a, face à Pierre Edouard Faye, refusé de réitérer ses propos. « Le président de la République a dit : vous êtes mes collaborateurs. J’aurais souhaité sur cette question que vous ne vous exprimiez pas parce que si vous vous exprimez, ça entraine des polémiques alors qu’actuellement, le temps est au travail. Le moment venu, je me prononcerai sur la question. Pour l’instant, n’acceptez pas d’être distraits. L’élection présidentielle, c’est dans quatre ans. Ne contribuez pas à alimenter les polémiques inutiles. Le moment venu, le Président a dit lui-même qu’il se prononcera, moi aussi, le moment venu, je me prononcerai », estimait le ministre d’État. On peut parier d’ores et déjà qu’il n’ira pas à contrecourant de la position de son patron !

Seydou, l’autre frère siamois…

Par on ne sait quelle magie — ou, en tout cas, coïncidence —Seydou Diouf s’est, au moment son « frère » et camarade de Benno Ismaïla Madior Fall passait sur Walf Tv, lui aussi retrouvé à l’émission « Jury du dimanche de Itv » pour plaider le couplage des élections législatives et présidentielles en 2024 et des locales en 2022. « J’estime que nous devons avoir une réflexion sur le séquençage des élections. Si l’on maintient les Locales en 2021, les législatives en 2022 et la présidentielle en 2024, le pays n’aura pas le temps de travailler. Organiser les locales et les législatives en même temps pourrait être une option. Une autre option serait d’organiser les locales en 2022 et essayer de coupler les législatives et la Présidentielle », a soutenu le secrétaire général du Parti pour le progrès et la citoyenneté (Ppc).

Carriériste, Seydou Diouf, qui était pourtant le rapporteur de la Commission des lois quand le mandat de Macky Sall — en tant que président de l’Assemblée nationale — était réduit de 5 à 1 an, a réussi, près la 11ème législature (avec le Pds), à s’allier avec Pape Diop lors des Législatives de 2012, mais n’est pas passé.

Toutefois, il réussira en bon manœuvrier à rejoindre Macky Sall qui le nomma conseiller à la Présidence de la République. En 2017, Seydou Diouf qui est retourné à l’hémicycle comme président de la Commission des lois a été cœur de tous les combats pour aider son allié Macky Sall à faire passer toutes ses lois justifiées ou injustifiées.

L’on se rappelle que Seydou Diouf n’avait pas tardé à réunir les députés membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale pour examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall formulée par le Gouvernement et adressée au président de l’Assemblée nationale. Lors du passage de la loi sur le parrainage à l’Assemblée nationale, Seydou Diouf avait aussi mis toutes les chances du côté de son bienfaiteur Macky Sall pour que son projet passe comme lettre à la poste. Pour dire que ce député n’a jamais hésité à aller au charbon pour Macky. L’on se rappelle de sa position lors du passage du projet de loi supprimant le poste de Premier ministre. « Il s’agit simplement de supprimer un échelon intermédiaire entre le président et ses ministres », qui lui « rendront compte directement » avait estimé le président de la commission des lois Seydou Diouf.

Les dossiers brûlants mis en stand by, Seydou Diouf sera muté à la Commission des Finances et du Contrôle du Budget. Mais, son exil là-bas n’avait duré que le temps d’une rose puisque le fils spirituel de la bête politique Me Mbaye Jacques Diop Seydou avait retrouvé très vite la tête de la Commission des Lois. Aussitôt revenu aussitôt il refile sa robe d’avocat pour nous baliser le terrain pour un futur couplage des élections législatives et présidentielles en 2024 mais également pour plaider un report des locales en 2022. Comme deux frères siamois, les deux Rufisquois se sont transformés en manœuvriers du « Macky » pour défendre même les lois les plus controversées de leur bienfaiteur Macky Sall…

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