L’assainissement du monde de la presse et son organisation constituent le cheval de bataille du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics). Déterminée à mener ce rude combat, l’équipe dirigée par Bamba Kassé compte lancer les assises nationales de la presse pour mieux réorganiser la profession.
Le Synpics a dévoilé sa feuille de route. «Nous allons organiser à partir du 15 novembre prochain les assises des médias au Sénégal», a laissé entendre Bamba Kassé, qui ajoute que ce sera un ensemble d’exercices, d’analyses, de diagnostics et de propositions. «Nous espérons au sortir de ces assises, que toutes les initiatives qui seront couchées sur du papier et que nous présenterons comme des voies de sortie de crise, recevront le soutien de la part des acteurs de notre société», présage Bamba Kassé.
Poursuivant, le secrétaire général du Synpics a remis sur la table l’accès à l’information publique. «On est trop seuls. Vous n’avez entendu aucune entité politique ou politicienne venir au secours du secteur quand il s’agit de questions structurelles. Au Sénégal, on n’a pas une loi qui permet à un journaliste d’exiger à l’administration qu’elle lui donne une information. Aucun homme politique ne s’en préoccupe. Parce que ce qui intéresse l’homme politique qui est dans l’opposition, c’est de prendre le pouvoir. Ce qui intéresse l’homme politique qui est au pouvoir, c’est de conserver son pouvoir. Et tant qu’ils sont dans une logique d’affaiblir la presse, ils ne vont pas se gêner. Parce que la presse sait empêcher de tourner en rond. Il faut qu’on soit conscients que sur certaines luttes, on n’aura le soutien d’aucun acteur politique majeur ou mineur. Mais nous devons nous-mêmes nous mobiliser et essayer de faire face», souligne le Sg du Synpics.
Bamba Kassé a aussi enfilé sa tunique de défenseur des professionnels des médias pour se prononcer sur la situation des employés de Excaf Télécom, Le Témoin, la Rts, D Media.Parlant de Excaf, il révèle : «la direction avait pris des mesures pour payer au moins trois mois d’arriérés. Nous les avons encouragés à aller dans ce sens. Mais nous remarquons que le problème est toujours présent. Le comble dans tout ça, c’est que nos camarades du groupe ne revendiquent pas leurs dus». Sur le cas du Le Témoin, Bamba Kassé lâche : «Comment peut-on regarder dans les yeux un journaliste et lui payer moins qu’un gardien, avec tout le respect que j’ai pour le métier de gardiennage ? Après ça, il se mue en donneur de leçon. Comment peut-on mettre des jeunes en position de stage pendant quatre ans ? Si c’était vos enfants, vous n’auriez pas accepté cela».
Et pour le dossier du fisc au groupe D Media, Bamba Kassé a fait ses invites à la direction. «Il faudrait que la direction de D-Media mette à la disposition de son personnel le fond de ce dossier. Cette démarche vise à informer les acteurs du groupe. Aussi, les représentants du personnel doivent être régulièrement consultés afin de suivre l’évolution de la situation. Après avoir constaté qu’il y a des dettes fiscales, l’Etat peut demander à ces entreprises de les échanger contre l’ouverture de leur capital à leur personnel», a-t-il suggéré.
Baye Modou SARR
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