Personne ne connaissait cet homme il y a huit ans. Il a simplement joui de ses droits de citoyen et s’est engagé dans l’arène politique en créant un parti : Pastef/les Patriotes.
Ses dénonciations sur le non-paiement de taxes par l’Hémicycle ont amené Moustapha Diakhaté, Président du Groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar à l’époque à suggérer sa radiation de la Direction des Impôts et Domaines.
Il a mis à nu les transgressions fiscales de l’Assemblée nationale, un scandale effroyable provenant d’une Institution de la République.
Radié de la fonction publique, l’aura d’Ousmane Sonko grandit crescendo. Son nom a traversé les frontières comme une comète.
Jusque-là inconnu outre Sénégal, Ousmane Sonko a fait son entrée sur la grande scène des opposants « anti-système » persécutés par le système même contre lequel ils se battent.
Il devient pour Macky Sall un danger. A le suivre, on découvre en lui un buffle dans l’arène qui prend le temps de reculer avant de donner un coup fatal qui blesse.
PROS a transformé les Législatives en 1er tour de la Présidentielle 2024.
Son parti bouleverse l’électorat. Sa parole diaphane, foudroyante et grave a des effets dans la conscience publique. Il est comme une mouche qui coche. Il est dangereux pour Macky Sall et les Locales du 31 janvier dernier et les Législatives du 31 juillet 2022 le prouvent.
Il a réussi à s’imposer comme le leader naturel de l’opposition. A lui seul, il a fait basculer les élections législatives. Jamais dans l’histoire politique du Sénégal, un parti au pouvoir n’arrive pas à obtenir la majorité absolue. Sonko a transformé les élections législatives en premier tour de la Présidentielle de 2024.
Et cette perte de la majorité absolue va certainement peser sur l’hypothétique troisième campagne présidentielle du président en exercice, Macky Sall. Sonko a réduit la majorité présidentielle à sa plus simple expression. Il nous revient que le leader de Pastef, en fin stratège, a décliné la Primature au cas où l’inter coalition Yewwi-Wallu serait majoritaire.
Ousmane Sonko n’hésite pas à dire ce qu’il pense ou à dénoncer spontanément les impairs qu’il découvre étant un perfectionniste. C’est un homme qui n’aime pas l’autorité. C’est pourquoi les répliques inintelligentes de la mouvance présidentielle l’ont galvanisé.
Sa prestance tant en boubou traditionnel qu’en costume occidental, et son image d’homme intègre farouchement opposé à l’enrichissement sur le dos de la population d’une classe politique jugée corrompue, lui ont valu auprès de ses jeunes soutiens une stature d’homme d’État.
Sonko, le leader naturel de l’opposition
L’offre de Pastef, porté par Ousmane Sonko, s’inscrit dans une vision patriotique soucieuse des intérêts stratégiques et économiques du Sénégal. La force de conviction de Sonko, sa probité, son intelligence et son charisme font de lui non seulement un phénomène politique, mais l’homme pour qui voter. Le pouvoir tremble sur ses bases vermoulues.
Aida Mbodj l’aurait même comparu à Me Wade en soutenant que Sonko est un phénomène politique qui se produit une fois par siècle. « Quand Sonko est attaqué, il tient le haut du pavé. S’il attaque, il tient le haut du pavé», dixit Babacar Justin Ndiaye.
Qu’on le veuille ou non, que l’on soit d’accord ou pas avec lui, Sonko mobilise les jeunes. Pourquoi il les mobilise, parce qu’il sait leur parle, il s’habille à peu près comme eux. Autre chose qui fait la force de Sonko, c’est sa critique du pouvoir, une critique qui est nourrie par une connaissance approfondie de l’Administration sénégalaise”, disait le Professeur Mamadou Diouf, enseignant à Columbia University.
Mais ce n’est pas l’apothéose. Leader naturel de l’opposition, Ousmane Sonko n’en en pas encore fini et BBY se rendra bientôt compte du danger qu’il est. Wait and See
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