La revendication présidentielle d’une victoire électorale ne cache pas pour autant une défaite politique voire un début de rééquilibrage des rapports de forces politiques en place.
La revendication victorieuse de l’opposition, au lendemain des élections territoriales, ne cache pas moins ses faiblesses dans de nombreux départements.
Le refus de nommer un premier Ministre est une illustration des difficultés politiques du Président de la République.
Le Président de la République est pourtant juridiquement contraint par la Constitution, suite à la réintroduction du poste de premier Ministre avec un exécutif bicéphale depuis le 20 décembre 2021.
Ces différents constats permettent de percevoir une période d’accalmie, de détente où les acteurs affutent leurs armes en perspective des législatives.
Dans ce decor, la question de la cohabitation se pose à l’approche des élections législatives (décisives) du 31 juillet 2022, tant l’opposition, mais surtout la majorité, ne sont pas sûrs d’obtenir assez de députés pour faire passer leurs lois et dérouler leurs programmes sur la base d’une majorité stable et concordante.
Si la question de la cohabitation se pose, c’est parce qu’elle est devenue une réalité. Les débats actuels sur la question conduisent ainsi à s’interroger sur une telle réalité. De ce point de vue, le surgissement actuel de la question dans le langage des hommes politiques, des observateurs, des journalistes et même des citoyens pose un problème nouveau – et donc plus difficile – qui est celui de savoir si le « bloc présidentiel » de principe peut coexister avec une forme différente d’exercice du pouvoir politique.
Que la prochaine majorité à l’Assemblée Nationale s’appelle Benno Book Yakaar, Yewwi Askan wi, wallu Senegal, Gueum sa Boop, Buntu Bi, ses rapports avec le Président de la République seront forcément déterminés par la situation des rapports de forces politiques en place.
Il est certain qu’au regard de la configuration actuelle, il sera difficile d’obtenir une large majorité pour gouverner.
La force de l’opposition (notamment Yewwi Askan wi) n’est plus à démontrer, c’est une donnée objective au regard des derniers résultats issus des élections municipales et départementales.
S’il est certain que l’opposition a de réelles chances de gagner, il est tout aussi évident qu’elle aura du mal à bien gouverner en l’absence de concordance de majorités.
S’il est vrai que le pouvoir pourrait gagner, il reste que sa majorité risquerait d’être très nette pour lui permettre de bien gouverner face à une Assemblée plus ou moins hostile.
A bien y regarder, on comprend donc que le débat ne soit pas définitivement commencé pour être épuisé. Affirmer que la cohabitation ne peut exister dans notre système ne suffit plus. Dailleurs, cette affirmation n’a plus de valeur persuasive.
L’Assemblee Nationale est un rouage essentiel du jeu institutionnel dont ni le Président, ni le Gouvernement, ni l’opposition, n’ont intérêt à se priver. A cet effet, il faut préciser que la cohabitation dépend moins de la Constitution et beaucoup plus d’éléments factuels.
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