À l’occasion de la présentation du premier rapport du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), Habibou Dia, directeur de la communication du ministère de la Communication et des Télécommuniques du Numérique (MCTN), a défendu ce mercredi la légalité et la transparence du processus de répartition, tout en réfutant les accusations de favoritisme et d’absence de concertation portées par certains acteurs du secteur. C’est une première dans l’histoire du fonds institué par les décrets de 2021 selon le ministère de la Communication qui a rendu public ce mercredi le rapport de gestion du FADP de 2025. Le document détaille les critères légaux d’éligibilité, la méthodologie de notation et la pondération appliquée pour déterminer les montants alloués à chaque bénéficiaire. « Cet exercice s’inscrit dans la tradition de transparence et de redevabilité que nous voulons instaurer », a indiqué Habibou Dia, qui indique que la démarche tient compte des recommandations formulées par l’Inspection générale d’État (IGE) à la suite du diagnostic établi sur la distribution du fonds en 2022 et 2023. Selon le rapport, 164 médias privés figurent parmi les bénéficiaires, auxquels s’ajoutent la RTS, l’APS, Le Soleil, représenté via l’Agence de Distribution de la Presse (ADP), le Corps de la presse et la Commission de la carte de presse, portant le total à 167 bénéficiaires. Les médias privés et les radios communautaires cumulent 58 % des montants distribués, une proportion que le directeur de la communication juge conforme aux objectifs du fonds. Sur la question de l’éligibilité de la RTS, qui a suscité des controverses, Habibou Dia a rappelé que la chaîne publique répond pleinement à la définition d’une entreprise de presse au regard du Code de la presse et du décret régissant le FADP. Sa requête portait sur un point précis : la couverture de la Coupe d’Afrique des Nations. « Peut-on imaginer le Sénégal participer à une CAN en étant incapable de financer la présence de la RTS ? C’est inimaginable », a-t-il lancé, précisant que le montant accordé ne couvrait même pas les indemnités auxquelles l’équipe de reporters avait droit. Face aux critiques sur une absence de concertation, le directeur de la communication a opposé un démenti, rappelant que de nombreuses rencontres ont été organisées depuis près d’un an à Dakar, à la Maison de la Presse ou avec l’ADEPME portant spécifiquement sur les critères d’éligibilité au FADP. Il a également tenu à souligner l’indépendance totale du Conseil de gestion dans la prise de décision. « Le ministre, en sa qualité d’autorité et de président du Conseil de gestion, n’est à aucun moment intervenu dans ses décisions. Le Conseil les a prises de façon souveraine », a-t-il conclu tout en assumant une posture de retrait qui, selon lui, garantit l’intégrité de l’ensemble du processus.
Aide à la Presse 2025 : 92 médias écartés..
Le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) a rendu publics les résultats de la répartition du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) 2025. Sur 256 médias reconnus au Sénégal, 92 n’ont pas bénéficié du financement, pour des motifs variés allant de la non-conformité fiscale au simple défaut de dépôt de dossier.
Sur les 241 dossiers effectivement déposés, 77 ont été rejetés après examen. Auxquels s’ajoutent 15 médias reconnus qui n’ont même pas participé au processus de dépôt. Au total, ce sont donc 164 médias qui ont été retenus et ont perçu le FADP 2025.
Les raisons des exclusions
Le motif le plus fréquent d’exclusion reste la non-conformité fiscale et sociale, qui a éliminé à lui seul 30 médias. Sont concernés les organes ne disposant pas de quitus fiscal ou accusant des dettes auprès de l’IPRES et de la CSS. Deux autres catégories arrivent ex æquo avec 15 médias chacune : les dossiers incomplets, pièces manquantes ou documents non valides et le non-dépôt de dossier, qui concerne des médias pourtant reconnus officiellement mais absents du processus.
Dix médias ont été recalés pour non-respect des critères du Code de la presse, notamment le seuil minimal de cinq employés et les exigences de structuration. Dix autres ont été sanctionnés pour insuffisances administratives diverses : absence de responsable éditorial, incohérences ou informations contradictoires dans les pièces fournies.
Par ailleurs, 7 médias ont été épinglés pour doublons et irrégularités administratives, des documents identiques utilisés pour plusieurs entités distinctes et 5 ont vu leur dossier rejeté pour dépôt hors délai ou procédure non respectée.
Dakaractu

