La tension monte autour de l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des nations féminine. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a livré une sortie musclée lors d’une conférence de presse, visant directement le Maroc, pressenti pour accueillir la compétition.
« Nous ne nous laisserons pas prendre en otage »
D’un ton offensif, le ministre a clairement remis en question la capacité et la volonté du royaume chérifien d’organiser le tournoi dans les délais et conditions requis. « Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine après une CAN réussie, qu’il le fasse. S’il ne l’est pas, nous voulons lui dire que nous avons des stades et que nous ne sommes pas un pays moins bien doté en infrastructures », a-t-il déclaré.
Allant plus loin, Gayton McKenzie a insisté : « Nous ne nous laisserons jamais prendre en otage par des pays moins bien équipés que nous. » Une phrase qui a immédiatement fait réagir dans les milieux sportifs africains, tant par sa fermeté que par sa portée diplomatique.
Le Sénégal évoqué dans la polémique
Dans son intervention, le ministre sud-africain a également fait référence au Sénégal, en lien avec la CAN masculine remportée en 2022. « Est-ce que tout le monde doit souffrir parce que le Sénégal a gagné la CAN masculine ? Si le Sénégal n’avait pas remporté la finale, serions-nous encore dans cette incertitude ? », a-t-il lancé, laissant entendre que certaines décisions organisationnelles seraient influencées par des considérations extra-sportives.
Des propos qui risquent d’alimenter la controverse, d’autant que la Confédération africaine de football (CAF) n’a pas encore clarifié définitivement la situation.
L’Afrique du Sud se dit prête
Face aux incertitudes, Gayton McKenzie a martelé que l’Afrique du Sud est disposée à prendre le relais sans délai. « Nous n’attendons personne. Si le Maroc ne veut pas accueillir la compétition, l’Afrique du Sud est prête », a-t-il affirmé.
Le pays, qui a déjà accueilli avec succès plusieurs compétitions continentales et internationales, entend ainsi se positionner comme une solution crédible et immédiate.
Cette sortie fracassante traduit une volonté claire de Pretoria de peser dans le dossier et d’éviter toute incertitude préjudiciable aux sélections nationales et à la préparation des joueuses. Elle met également en lumière les enjeux politiques et stratégiques qui entourent désormais l’organisation des grandes compétitions africaines.
Reste à savoir si la CAF réagira officiellement à ces déclarations et si le Maroc confirmera, dans les prochains jours, sa position définitive sur l’accueil de la CAN féminine.
C.G. DIOP

