Afin de financer le déficit budgétaire de 1340 milliards de FCFA, l’Etat du Sénégal a accru son passif net de 1769 milliards de FCFA soit 8,4% du Produit intérieur brut (PIB). Ce que révèle le rapport de la publié mercredi par le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération intitulé : « SENEGAL : Développements économiques récents et Perspectives ».
L’État a acquis en 2025, des actifs financiers à hauteur de 425 milliards de FCFA 2% du PIB et a accru son passif net de 1769 milliards de FCFA (8,4% du PIB). Le but de ces mobilisations de ressources est de financer le déficit budgétaire de 1340 milliards de FCFA (6,2% du PIB) pendant la période sous revue.
« Le passif net est principalement tiré par les emprunts intérieurs, y compris auprès du système bancaire, à hauteur de 285 milliards de FCFA (1,3 % du PIB), ainsi que par les emprunts extérieurs, incluant les tirages et les financements provenant de l’UEMOA, pour 1484 milliards de FCFA (7% du PIB) », informe le rapport « SENEGAL : Développements économiques récents et Perspectives ».
Dans le détail, le financement intérieur de 285 milliards (1,3 % du PIB) est porté par les titres de créances intérieurs à 1260 milliards (4,3 points de PIB). Il est atténué par le remboursement des crédits du FMI et autres flux 2 à 895 milliards de FCFA (4,2 points de PIB) ainsi que par la réduction des autres comptes à payer à 80 milliards de FCFA (0,4 point de PIB).
Les emprunts-projets estimés à 1086 milliards de FCFA
S’agissant du financement extérieur à 1484 milliards de FCFA (5 % du PIB), le document du ministère de l’Economie renseigne que celui-ci est soutenu par les émissions nettes de titres sur le marché de l’UEMOA hors Sénégal à 660 milliards de FCFA (3,1 points de PIB). Et aussi, par les emprunts programmes à 76 milliards de FCFA (0,4 point du PIB).
Les emprunts-projets à 1086 milliards de FCFA (5,1 points de PIB) et les autres crédits extérieurs nets à 880 milliards (4,2% du PIB) atténués par l’amortissement de la dette extérieure à 1218 milliards de FCFA (5,8 points de PIB), ont également contribué à ces efforts.
« À fin décembre 2025, l’encours du refinancement monétaire de l’UMOA ressort en baisse par rapport à la même période de 2024, dans un contexte de desserrement de la politique monétaire. A l’échelle de l’UMOA, l’encours de refinancement est passé de 9 407 milliards de FCFA (6,9% du PIB) à fin décembre 2024 à 8326 milliards de FCFA (5,6% du PIB) à fin décembre 2025 », informe le document.
Pour ce qui est du Sénégal, l’évolution du volume de refinancement monétaire suit globalement la même tendance que celle observée dans l’UMOA. Le niveau du refinancement monétaire reste inchangé en pourcentage du PIB dans un contexte d’assouplissement monétaire sur les taux. L’encours est passé de 1 415 milliards de FCFA (7,3% du PIB) à fin décembre 2024 à 1522 milliards de FCFA à fin décembre 2025, soit environ 7,1% du PIB.
Par ailleurs, le ratio des réserves excédentaires rapportées aux réserves requises a suivi une tendance haussière tout au long de l’année 2025. La progression des réserves libres, conjuguée au maintien du volume de refinancement, pourrait suggérer que les banques, notamment ivoiriennes, conservent la trésorerie du refinancement en cas de changement de politique de refinancement de la BCEAO.
Mariama DIEME

