samedi, juillet 13, 2024
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Femme filmée nue, saccage des locaux « Les Echos » : La ‘’justice’’ de la rue en action !

par pierre Dieme

On dit souvent que ‘’nul n’est censé ignorer la loi’’. Eh bien, on devrait ajouter le plus souvent que ‘’nul ne peut se faire justice soi-même’’. Et cela, nul n’est censé l’ignorer.

Malheureusement, les affaires récentes de la Dame de Sacré-Cœur violentée et agressé sexuellement et cet épisode inique du saccage des locaux de nos confrères de ‘’Les Echos’’ en disent long sur la tendance actuelle d’une bonne frange de la population à vouloir se faire justice par eux-mêmes.

A Sacré-Cœur, il a fallu que quelqu’un crie au voleur pour que des citoyens qui étaient là pour vendre leurs moutons, se sentent le devoir d’arrêter la supposée voleuse, de la ligoter et de lui faire subir des attouchements sexuels dès lors, à leurs yeux, que sa beauté ne l’a pas empêché de se livrer à un acte aussi répréhensible. Alors, ils croyaient être dans leur bon droit de lui faire ce qu’ils veulent.

Idem pour ceux qui ont vandalisé les locaux de nos confrères. Ils n’ont pas pu digérer le fait que tout le monde ne considère pas leur guide religieux et tout ce qui touche à lui comme sacré.

Ils oublient que jusqu’ici, même le prophète Mohamed ne fait pas l’unanimité ni chez les arabes ni ailleurs.

Et que le marabout comme toute personne, peut tomber malade. Ce qui n’est nullement un blasphème.

Mais, dans le feu de l’action, ces gens ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes. Ils croient devoir agir alors qu’ils ne sont nullement des professionnels de la Justice (enquêteurs, juges, etc.).

En clair, les raisons fondamentales pour laquelle, la justice par soi-même est bannie, c’est qu’il est tellement facile de se tromper en la matière et que cela peut également aboutir à une série de vengeances car ceux qui sont ainsi touchés ne vont pas se laisser faire.

Car, il n’y a pas, ici, le sentiment d’un châtiment mérité que seule l’institution judiciaire peut inspirer auprès de ceux qui sont légalement sanctionnés même s’ils ne sont pas contents.

C’est pourquoi, il faudra revenir à la raison. Impérativement. Beaucoup de sénégalais souffrent d’agitations de leurs concitoyens surtout dans les zones rurales parce que ces derniers croient dur comme fer qu’ils doivent rendre justice par eux-mêmes. Et certains parmi eux ont le culot d’invoquer la légitime défense.

Or, pour qu’il y ait légitime défense, il faudrait bien qu’il y ait simultanéité entre l’attaque et la défense et aussi proportionnalité entre les moyens utilisés.

Si vous réagissez avec du retard, c’est la vengeance. Et si vous utilisez des moyens disproportionnés, vous serez punis en conséquence. On ne peut pas, par exemple, planter un couteau à quelqu’un parce qu’il vous a giflé. Il a utilisé sa main et vous avez fait usage d’une arme blanche.

A la limite, vous pouvez juste invoquer l’excuse de provocation qui n’a pas les mêmes effets que la légitime défense au regard du code pénal et de la politique répressive de nos cours et tribunaux.

En clair, ceux qui, pour une raison ou une autre, s’en prennent à ceux qu’ils considèrent comme des hors-la-loi selon leurs propres appréciations, sans aucun recours à la Justice risquent la prison.

Il existe des canaux officiels de plainte et de récrimination s’il s’avère qu’un citoyen estime que quelqu’un a porté atteinte à ses droits.

Il faudrait, pour ce faire, apprendre à se calmer et à faire confiance à l’institution judiciaire. Si elle ne faisait pas son travail, les prisons ne seraient pas pleines.

Et ceux qui portent plainte doivent s’armer de patience et ne pas minimiser, comme cela se passe trop souvent, les peines infligées à ceux qui leur avaient fait du tort.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la Justice travaille selon des paramètres précis qui ouvrent la voie à la réinsertion sociale, le but ultime de la sanction pénale.

C’est dire que les auteurs de ces actes de vengeance et de justice populaire risquent un séjour en prison, ce qui doit faire réfléchir les autres sur le fait que nous sommes dans un Etat de droit où la loi du talion est bannie.

Assane Samb

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