Le secteur agricole n’échappe pas à l’examen des contrats passés. Lors du point de presse consacré à la renégociation des conventions dans les secteurs stratégiques, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, est revenu, hier, sur un important marché d’équipements agricoles signé par l’ancien gouvernement.
« En 2022, un contrat portant sur la fourniture d’équipements agricoles et la construction de hangars de stockage a été conclu pour un montant total de 85,5 milliards de FCfa », a rappelé le ministre. Selon lui, l’Etat a déjà effectué l’essentiel des paiements alors que la livraison reste partielle. « Le Gouvernement du Sénégal a payé 65,8 milliards, mais seuls 16,6 milliards de FCfa de matériel ont été effectivement livrés », a-t-il précisé. Une partie du matériel serait toutefois déjà présente sur le territoire. « Le fournisseur a importé des équipements et des hangars qui se trouvent actuellement à Dakar pour un montant estimé à 14,8 milliards de francs Cfa, mais ces équipements n’ont pas encore été livrés officiellement », a indiqué Mabouba Diagne.
Le Gouvernement ne parle pas de réquisition, a-t-il insisté, mais plutôt d’une mise à disposition du matériel déjà financé par l’État. « Il ne s’agit pas d’une réquisition. Nous voulons simplement que ce matériel, qui a déjà été payé en grande partie par l’État, soit mis à la disposition du Sénégal », a expliqué le ministre. Un audit technique a par ailleurs révélé des anomalies financières. « Nos équipes ont identifié une surfacturation estimée entre 15 et 17 %, soit un montant compris entre 12 et 15 milliards de FCfa », a-t-il déclaré. Ces conclusions, selon lui, illustrent la nécessité de revoir certains engagements passés afin de préserver les finances publiques.
« Notre objectif est simple : garantir que chaque franc dépensé par l’État corresponde réellement à des équipements utiles aux producteurs et à la souveraineté alimentaire du pays », a affirmé Mabouba Diagne. Le ministre a assuré que les discussions se poursuivent afin de récupérer les équipements déjà payés et de clarifier les conditions financières du contrat. « Nous faisons tout pour que ce matériel soit rapidement mis à la disposition des agriculteurs sénégalais », a-t-il conclu.
Par Pathé NIANG

