L’alliance Pour la République (APR) a publié, ce vendredi 27 février 2026, une déclaration relative à la situation nationale du pays. Avant tout, nous tenons à dénoncer les accusations sans fondements contre le camarade Moussa Bocar Thiam et lui témoignons tout notre soutien.
Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance pour la République (APR) a suivi avec la plus grande attention la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko devant les députés, réunis le mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale. A l’heure où notre pays fait face à des défis multiples, l’Alliance Pour la République (APR), a relevé d’innombrables faiblesses dans la prestation du Chef du gouvernement.
1. Durcissement de la loi sur l’homosexualité: manipulation et hypocrisie politique
L’Alliance pour La République (APR), tient d’abord à rappeler la position constante et courageuse de l’ancien Chef de l’État, Macky Sall. Devant les plus grandes puissances du monde, y compris face au Président Barack Obama, et sur les plateaux de télévision internationaux comme France 2, le Président Macky Sall a toujours tenu un discours de fermeté et de dignité. Il n’a cessé de mettre en garde les diplomates sénégalais accrédités en Occident et ailleurs dans le monde, contre toute signature de documents ou tout engagement international qui pourrait compromettre les valeurs fondamentales de notre société. Une posture aux antipodes de celle du Premier ministre Ousmane Sonko qui passe d’une promesse de criminalisation au durcissement de la loi pénalisant l’homosexualité.
A y voir de plus près, la loi en question, n’est ni plus ni moins, qu’une protection déguisée des personnes LGBTQ. Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui défendait initialement la criminalisation de l’homosexualité, opère aujourd’hui un revirement stratégique vers un semblant de durcissement. Loin d’être un signe de fermeté, cette évolution constitue un danger. Ce projet de loi, dans sa rédaction actuelle, offre une forme de protection et de couverture légale à des pratiques que nous réprouvons.
Plus grave encore, l’introduction d’une amende en cas de dénonciation « par une communauté ou une personne » permet manifestement de museler la société sénégalaise. L’APR s’élève avec force contre cette disposition liberticide. Que signifie cette volonté de pénaliser ceux qui, dans leurs communautés, dans leurs quartiers ou leurs familles, témoignent de ce qu’ils voient ? Le gouvernement est-il en train de dire que le Sénégalais n’a plus le droit de s’exprimer sur ce qui se passe sous ses yeux ? Cette mesure est une prime au silence et une protection accordée à des comportements que la majorité de notre peuple condamne.
Pour se donner bonne conscience après sa volte-face, le Premier ministre prétend que criminaliser les pratiques LGBTQ amèneraient l’opposition politique à « vilipender son gouvernement à l’étranger » en le peignant sous les traits de quelqu’un qui bafoue les droits humains. L’APR n’est pas dupe. il refuse d’être pris comme prétexte pour masquer les incohérences et les arrière-pensées de ce gouvernement.
2. Gestion des documents confidentiels: Aucune leçon à recevoir
Le Premier ministre a également menacé de poursuivre quiconque publierait les bulletins de santé des homosexuels faisant l’objet d’enquête pour transmission volontaire du VIH. Cette posture est non seulement une atteinte à la liberté de la presse mais aussi une entrave à la transparence, d’autant qu’elle touche à une la santé publique.
En matière de documents classés confidentiels et de respect des procédures, Ousmane Sonko n’a aucune leçon à donner. Nous lui rappelons que la gestion d’un document sensible relève de l’éthique républicaine. Peu importe la nature du document en question. Ousmane Sonko qui a lui-même été poursuivi pour avoir diffusé des conversations prétendument privées, annoncé urbi et orbi détenir des dossiers estampillés secrets ou confidentiels, n’a pas la légitimité morale pour donner des leçons en la matière. L’APR exige le respect de la présomption d’innocence, mais aussi le droit à l’information des familles et de l’opinion publique sur l’état de santé de tout citoyen détenu.
3. Liberté de la presse et menace contre les médias
L’APR note avec une profonde inquiétude la menace proférée par le Premier ministre à l’encontre de la presse. Affirmer que « celui qui publiera le bulletin de santé d’un présumé délinquant ira directement en prison » est une intimidation inacceptable. Dans un État de droit, ce n’est pas au pouvoir exécutif de décider des poursuites contre la presse. L’APR rappelle que seule l’autorité judiciaire est compétente en la matière. II apporte son soutien indéfectible à tous les journalistes qui ne font que leur travail d’information.
4. Situation de nos compatriotes au Maroc : Un cuisant aveu d’échec
Le Premier ministre a fait, devant la représentation nationale, un véritable aveu d’échec. En déclarant que le Sénégal ne peut pas « forcer le Maroc » à libérer nos 18 supporters, il a reconnu son impuissance et l’inefficacité de notre diplomatie.
L’APR dénonce, par ailleurs, l’attitude irresponsable et irrespectueuse de M. Sonko envers notre propre justice et nos propres magistrats. Comment peut-il manquer de respect à nos institutions judiciaires nationales et espérer ensuite obtenir le moindre respect de la part des juges du Royaume Chérifien? Le respect se gagne par la dignité et la cohérence. En piétinant nos propres institutions, le Premier ministre a affaibli notre position diplomatique. L’APR exige, de sa part, des excuses publiques à la magistrature sénégalaise et une révision complète de la stratégie diplomatique.
5. Commercialisation de l’arachide: Des chiffres pour masquer la réalité
Le Premier ministre a tenté de se retrancher derrière des chiffres de collecte record pour masquer une sombre réalité. Contrairement à ce qu’il a affirmé à l’hémicycle, la campagne de commercialisation de l’arachide se passe très mal.
Les chiffres de la Sonacos, même s’ils sont en hausse, ne disent pas toute la vérité. La Sonacos ne peut pas tout acheter. Que répond le Premier ministre aux milliers de cultivateurs du bassin arachidier qui stockent leur production chez eux, faute de points de collecte disponibles ? Que répond-il à ceux qui, pour survivre, sont contraints de commercialiser du maïs et du mil à la place de l’arachide? Le gouvernement nous parle de « couacs » quand il s’agit de la survie de nos populations rurales. L’APR exige du gouvernement la mise sur pied d’un plan d’urgence pour l’écoulement de toute la production et des mesures d’accompagnement pour nos paysans.
6. Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et crise universitaire: Il ne suffit pas
d’assumer
Le Premier ministre a déclaré assumer « entièrement » la responsabilité de son gouvernement dans la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. L’APR prend acte de cette déclaration, mais attend des actes, pas seulement des paroles.
Sa proposition de créer un commissariat à l’intérieur même de l’université est encore plus inquiétante. Elle pourrait étre perçue telle une dangereuse provocation par les étudiants. Cette mesure, loin d’apaiser les tensions, vient envenimer la situation. L’université doit être un lieu de savoir, pas une caserne.
Dans le même registre, le Premier ministre a affirmé avoir reçu des bulletins de renseignements faisant état de la volonté des étudiants de « brûler la bibliothèque et les restaurants ». Ajoutant n’avoir eu aucun regret en ordonnant l’ordre à la police de franchir les limites du campus. << Si le c’était à refaire, je le referais ». Ces propos sont d’une irresponsabilité accablante. Ils démontrent sa détermination à user de la force plutôt que du dialogue. L’APR condamne cette approche et exige la vérité sur les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba.
Par extension les difficultés que vivent l’université touchent l’Éducation nationale qui traverse une crise profonde. Le Premier ministre avait solennellement promis de corriger le système de rémunération et l’alignement des salaires des enseignants. Aujourd’hui, ces mêmes enseignants se retrouvent devant le fait accompli, avec des ponctions sévères sur leurs salaires, allant jusqu’à deux cent mille francs CFA. Comment peut-on promettre et trahir de la sorte ? L’APR se tient aux côtés des enseignants et exige le respect des engagements pris.
L’heure est grave pour le Sénégal
Nous avons face à nous un Premier ministre qui:
● Présente un texte sur l’homosexualité qui, sous couvert de fermeté, contient des dispositions dangereuses pour les libertés fondamentales et la liberté d’expression de nos communautés.
● Fait un aveu d’échec cuisant dans la gestion de la crise diplomatique avec le Maroc.
● Laisse nos agriculteurs dans la détresse avec une commercialisation de l’arachide qui tourne au désastre.
● Provoque les étudiants par des déclarations et des propositions sécuritaires.
● Trahit ses promesses envers les enseignants en ponctuant leurs salaires.
● Menace ouvertement la presse et les libertés publiques.
Le Premier ministre n’a pas de solutions face à des lendemains qui s’obscurcissent, dans un monde qui se complexifie davantage. Il gouverne par l’esbroufe, la menace et la division.
L’Alliance pour la République, fidèle à son engagement républicain, continuera de s’opposer avec fermeté mais dans la dignité à toutes les dérives de ce gouvernement. Nous appelons l’ensemble des forces vives de la nation à se mobiliser pour défendre un Sénégal de justice, de liberté et de prospérité partagée
Que Dieu bénisse le Sénégal.
Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance pour la République (APR)

