A Médina Baye puis à Tivaouane, le ministre de l’Intérieur s’est montré laborieux dans sa prise de parole pour les besoins du Gamou. En voulant « à tout prix » évoquer des passages du Saint-Coran, il a été très mal à l’aise et a mis dans l’embaras ses hôtes. Que cherche-t-il réellement ? Que cache cette obsession qui consiste à montrer son érudition à des érudits ? Antoine veut-il prouver qu’il est très bon musulman qui maîtrise le Texte?
Sans doute, veut-il séduire. Il s’y prend très mal. Sa communication a été brouillée par ses maladresses.
Antoine Félix Abdoulaye Diome représentant d’un Etat à équidistance de toutes les religions, de toutes les coteries, pouvait bien s’éviter cette peine. On ne lui demande pas d’être ésotérique en essayant d’étaler ses connaissances coraniques vraiment approximatives. Son propos doit consister à faire passer un message essentiel, dans un langage accessible à tous. L’objectif est d’être compris. Diome est complètement passé à côté de la plaque.
La forme n’étant pas au rendez-vous, le fond est déprécié. Le plus grave et incompréhensible, c’est cette détermination à reproduire le même scénario. La même posture perdante de Médina Baye est notée à Tivaouane. Les mêmes réactions pour rectifier celui qui n’a pas encore fini d’apprendre et qui, de son propre aveu, est en train de « réviser » les « leçons » du daara. Une manière maladroite de se justifier.
Pourtant, le ministre ne manque ni de bagage intellectuel ni de talent pour occuper pleinement sa place. Il lui faut rester soi-même, en disant des choses qu’il maîtrise sans essayer de se compliquer la vie. La prise de parole en public, c’est l’art de la simplicité. Une règle basique.
En confectionnant des cahiers et autres fournitures scolaires avec effigie bien visible, Mameboye Diao suit les traces de beaucoup de ses « collégues » politiciens. Un manque de retenue, de mesure et de pudeur. Il faut rire des justifications de ses défenseurs si inspirés. Pour ne pas en pleurer.
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