Ils ont été nombreux à se demander, lorsqu’a été révélé par un consortium international de journalistes d’investigation le contrat de vente d’armement d’un montant de 45 milliards entre le ministère de l’Environnement et la société Lavie, par quel biais le mystérieux marchand d’armes nigérien Aboubacar Hima dit Petit Boubé avait pu pénétrer au Sénégal.
Cet homme, rappelons-le, fait l’objet d’un
mandat d’arrêt international lancé par le Nigeria et est mis en cause dans son pays pour divers contrats d’un montant de 76 milliards relatifs à des commandes d’armes jamais livrées à l’armée nigérienne. Eh bien, malgré donc sa mauvaise réputation, il a pu venir tranquillement au Sénégal et décrocher un marché de 45 milliards de francs — sans appel d’offres — pour la fourniture de fusils d’assaut, drones, motos et autres équipements officiellement destinés au service des Eaux et Forêts. En guise de prime à l’acheteur, le vendeur offre même des séjours tous frais payés avec voyage en classe business et séjour dans un hôtel 5 étoiles à Dubaï aux autorités contractantes !
Comment donc avait fait Boubacar Hima pour décrocher ce marché derrière lequel certains voient l’ombre du marchand d’armes israélien Gaby Peretz très présent au Sénégal ? Eh bien, Le Témoin est en mesure de révéler que c’est le Mauritanien Moustapha Limam Chafi qui l’a introduit dans notre pays ! Surnommé le « Jacques Foccart sans mallettes du Sahel » ou encore
qualifié de missi dominici de l’ancien président burkinabé Balise Compaoré, Moustapha Limam Chafi est un homme de l’ombre mystérieux, éminence grise de plusieurs chefs d’Etat du continent auprès desquels il est une sorte de Raspoutine. Il entretient des rapports privilégiés avec tous les mouvements djihadistes qui sévissent dans le Sahel. Selon ses détracteurs, il aurait été utilisé par Blaise Compaoré pour déstabiliser des régimes dans la sous-région. En tout cas, tant que le tombeur du capitaine Thomas Sankara était au pouvoir avec Chafi à ses
côtés, jamais le Burkina n’a été frappé par les groupes terroristes. Dès qu’il est tombé, il y a eu les attentats de Ouagadougou. Moustapha Chafi Limam exerce actuellement les fonctions de conseiller spécial de Mohamed Bazoum, le président du Niger.
Surtout, il est très lié au président de la République Macky Sall, leurs relations remontant au temps où ce dernier était Premier ministre. C’est d’ailleurs Chafi qui était à l’origine de la brouille entre Macky Sall et l’ancien président mauritanien Mohamed
Ould Abdel Aziz qui avait lancé un mandat d’arrêt contre le « Jacques Foccart du Sahel ». Le refus du président Sall d’arrêter Chafi, qui séjournait régulièrement au Sénégal, avait braqué Aziz contre le président sénégalais. Pour la petite histoire, lorsque Moustapha Limam Chafi avait perdu sa
mère il y a quelques années, des chefs d’Etat
africains avaient appelé le président mauritanien pour qu’il l’autorise à assister aux funérailles juste pour une journée. Ils se disaient disposés à mettre à sa disposition un avion qui l’attendrait à l’aéroport de Nouakchott avant de le ramener à son point de départ avant la tombée de la nuit. Niet de Aziz qui était resté sourd à toutes les in-
terventions.
C’est donc ce Moustapha Limam Chafi, très introduit à la présidence de la République, qui a amené Boubacar Hima au Sénégal et a réussi à lui faire obtenir ce fabuleux contrat de 45 milliards de francs. Les deux hommes ont séjourné dans un palace situé sur la corniche pendant un mois
pour négocier ce braquage du siècle de nos
finances publiques !
M.O.N. Le Témoin
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