Une production record, un prix d’achat au producteur satisfaisant, des soucis dans la commercialisation, la campagne de commercialisation de l’arachide est pleine de paradoxes. Une situation qui a nécessité les ajustements que les autorités sont en train d’opérer. Du côté des acteurs et des producteurs, l’optimisme est au rendez-vous.
La campagne de commercialisation agricole constitue un moment décisif pour le monde rural. Cette année, l’incertitude a gagné les paysans à cause des difficultés liées à l’écoulement des récoltes d’arachide. Face aux inquiétudes grandissantes, l’État a senti le besoin d’agir. La tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans les zones de culture de cette spéculation a permis de toucher du doigt les vrais enjeux et d’apporter des débuts de solution. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage s’est chargé du suivi.
Pour Mabouba Diagne, contrairement aux perceptions, il n’y a pas de lenteur dans la campagne en cours. La production nationale a atteint un niveau record de 969.000 tonnes cette année. « À la date du 11 janvier 2026, après 34 jours de collecte, la Sonacos a réceptionné 97.000 tonnes, contre 77.000 tonnes à la même période l’an dernier, soit 20.000 tonnes de plus », a-t-il expliqué. Sur le plan financier, la valeur totale des graines réceptionnées s’élève à 32,5 milliards de FCfa.
Sur ce montant, précise le ministre, 15,2 milliards ont déjà été payés aux producteurs tandis que 17,3 milliards restent en attente, alors que le besoin journalier de financement de la Sonacos est estimé entre 1 et 1,3 milliard de FCfa. Concernant la logistique, 81.000 tonnes ont déjà été déchargées, réceptionnées et payées. En revanche, 16.000 tonnes, correspondant à 701 camions, sont en attente de déchargement devant les usines, une situation que le ministre assimile à un embouteillage temporaire lié à l’abondance exceptionnelle de la production.
Pour renforcer les capacités d’achat de la Sonacos, l’État du Sénégal a également décidé de mobiliser les institutions financières pour boucler une enveloppe estimée à 168,75 milliards de FCfa. Plusieurs banques locales et institutions financières internationales ont déjà mobilisé une partie des ressources, tandis que le ministère des Finances et du Budget est en train de sécuriser le reliquat.
En attendant, la Sonacos a eu recours à des financements relais pour maintenir le rythme des achats.
Oumar FEDIOR

