« Ce terrorisme diplomatique, médiatique et psychologique contre nous ne nous fera pas bouger d’un iota », a déclaré le Premier ministre Choguel Maïga dans un entretien accordé, samedi 15 janvier 2022, à la télévision nationale malienne Ortm.
« Notre pays vit une situation difficile de laquelle nous allons sortir. Nous sommes une vieille nation, plus que millénaire, qui a vécu plusieurs épreuves pendant son parcours. Et celle-là n’est qu’une de ces épreuves. Comme toutes les grandes Nations qui ont connu des périodes de déliquescence, de faillite dans leur histoire, mais qui se sont relevées, le peuple malien va se relever avec cette transition et regarder droit vers l’avenir », a déclaré Choguel Maïga lors de l’entretien conduit par le journalise Yaya Konaté.
Le Premier ministre malien estime que les sanctions prises par la Cedeao et l’Uemoa sont un abus de pouvoir contre l’Etat malien, « un grand malade devenu la risée des pays de la sous-région et du monde. »
Et pour étayer sa thèse, il dira que la Cedeao a violé une convention de l’Onu ratifiée par le Mali en 1987 et qui concerne les pays sans littoral. « Cette convention interdit l’embargo contre un pays sans littoral. La Cedeao n’en a cure. On traite le Mali comme un moins que rien. Quel que soit le dirigeant qui sera à la tête du Mali, il y a des formes d’humiliation qu’on ne peut pas accepter qu’on impose à notre peuple», a déclaré Choguel Maïga.
Choguel Maïga en a profité pour faire un petit cours d’histoire sur la création de la Cedeao.
« La Cedeao est née au Mali en 1975. C’est à l’initiative du président du Mali et de son homologue du Nigéria que l’idée a germé et a été partagée ensuite à l’ensemble des chefs d’Etat. Ils se sont mis ensemble pour mettre en place une organisation économique qui a évolué pour prendre des dimensions politiques. Le Mali et la Cedeao, c’est comme un père et son fils. Aujourd’hui, le vieux père est malade. Il est dans des difficultés. Ce qu’il attend de son fils, c’est qu’il l’aide, le tienne par la main pour qu’il puisse se lever. Depuis quelques années, il faut reconnaître que la Cedeao fait de son mieux. Et je crois que cette impasse que nous traversons, elle est difficile mais nous allons nous en sortir. Un père et son fils peuvent se disputer, mais jamais se séparer. Nous allons nous retrouver dans les semaines, les mois et peut-être les années à venir ».
Pour le chef du gouvernement, la situation au Mali doit être analysée avec discernement, et non pas « à partir de clichés ». « La transition au Mali est différente de toutes les autres transitions. Les conditions de survenue de cette transition, si nous ne les réglons pas, nous allons nous retrouver dans d’autres coups d’État. Ça fait près de trois à quatre coups d’État en moins de trente ans. En Afrique, quand le caniveau est plein d’ordures, on enlève les ordures qu’on dépose au bord du caniveau et avant la prochaine saison de pluie, le caniveau est de nouveau rempli. Nous, nous voulons faire en sorte, qu’à la fin de cette transition, on crée les conditions pour qu’il n’y ait plus d’intervention de l’armée dans la vie nationale ».
Lors de l’entretien, le Premier ministre malien est revenu sur les tensions entre son pays et la France. « Dans le Sahel, il y a deux groupes terroristes. Vous avez le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et l’EIGS (Groupe État islamique au Grand Sahara). Le territoire de prédilection du JNIM, c’est le territoire malien. L’EIGS, c’est dans la zone des trois frontières. Un jour, alors qu’on a un accord de défense, le président français décide, parce qu’on a fait des nominations qui ne lui plaisent pas, d’arrêter les opérations militaires sans nous aviser. A quoi sert l’accord alors », s’interroge Choguel Maïga qui en veut à la France d’avoir décidé unilatéralement de combattre l’EIGS et de laisser au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
« Nous avons compris le message. Vous laissez ces emprises et vous voulez nous empêcher aussi de chercher des partenaires ? C’est quoi ça ? », a déclaré l’invité de l’Ortm qui a rappelé que le Mali ne cherche qu’à se défendre et avoir son autonomie de décision. « Cette campagne qu’il y a contre nous, ce terrorisme diplomatique, médiatique et psychologique contre nous ne nous fera pas bouger d’un iota », a martelé le Premier ministre du Mali.
Avec Ortm
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