Le Premier ministre Ousmanee Sonko a insisté sur l’importance du capital humain pour la stabilité sociale et le développement économique du Sénégal. Lors de sa communication au Conseil, il a dressé un diagnostic des secteurs de l’éducation et de la santé, tout en appelant à une accélération de la mise en œuvre de plusieurs projets structurants, dont les agropoles, l’aménagement de la corniche Ouest et l’électrification rurale.
Ousmane Sonko a rappelé que le capital humain constitue un pilier fondamental de la vie économique et sociale de la nation. À ce titre, le gouvernement accorde une attention particulière aux secteurs de l’éducation et de la santé, considérés comme des leviers majeurs du développement humain.
Dans le domaine de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, il a dressé un diagnostic marqué par plusieurs difficultés persistantes. Parmi celles-ci figurent un déficit global en personnel, un manque d’infrastructures et d’équipements adaptés, la dégradation de l’environnement scolaire, ainsi que l’inadéquation des curricula d’enseignement et de formation. À cela s’ajoutent la faible promotion des filières scientifiques, la question récurrente des bourses des étudiants, le dérèglement du calendrier universitaire et l’instabilité chronique de l’espace scolaire et universitaire.
Le secteur de la santé fait également face à des défis importants. Le Premier ministre a évoqué la fragmentation des systèmes d’information sanitaire, le manque d’infrastructures modernes intégrant des solutions numériques et énergétiques, ainsi que l’insuffisance des ressources humaines et financières. Il a également pointé l’obsolescence du cadre institutionnel et juridique, la répartition inégale du personnel et des moyens, la dépendance aux importations de médicaments et d’équipements médicaux, ainsi que le sous-investissement dans la prévention.
Face à ces constats, l’État affirme avoir engagé des efforts importants pour redresser ces secteurs stratégiques. Dans cette dynamique, le gouvernement met en œuvre le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025 entre l’État, les syndicats et le patronat.
Dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur, un plan quinquennal de recrutement est en cours afin de renforcer les effectifs enseignants et de garantir la continuité du service public. Selon le Premier ministre, des progrès ont également été enregistrés en matière d’accès à l’éducation, d’inclusion sociale, de gestion des carrières des enseignants et de renforcement de leurs capacités à travers la formation diplômante universelle et la formation continue.
Concernant la santé, le gouvernement a engagé une réorganisation des programmes sectoriels avec un accent particulier sur la prévention et la promotion de la santé. Cette orientation s’accompagne de plusieurs réformes, notamment la révision du Code de la santé publique, la réforme du cadre juridique relatif à la santé mentale et l’actualisation de la carte sanitaire nationale.
Le Premier ministre a également salué les résultats obtenus en matière de ressources humaines et d’infrastructures sanitaires, tout en appelant les acteurs des secteurs de l’éducation et de la santé à un sursaut collectif dans l’intérêt de la nation.
Accélérer les projets structurants
Au-delà des politiques sociales, le Premier ministre a attiré l’attention du gouvernement sur l’état d’avancement de plusieurs projets structurants jugés prioritaires. Il s’agit notamment du Programme national de développement des agropoles, du projet d’aménagement de la corniche Ouest de Dakar et du projet d’électrification rurale.
Concernant les agropoles, il a rappelé qu’ils constituent un levier majeur pour atteindre l’objectif de souveraineté alimentaire, favoriser la transformation industrielle des territoires et créer des emplois. Toutefois, certaines difficultés liées à la gouvernance, aux contraintes opérationnelles et aux questions financières persistent. Il a ainsi demandé aux ministres concernés d’accélérer les décaissements et de travailler avec la Banque africaine de développement pour statuer rapidement sur l’avenir de l’Agropole Nord.
S’agissant du projet d’aménagement de la corniche Ouest de Dakar, le Premier ministre a souligné son importance stratégique, notamment dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. Il a déploré l’arrêt des travaux en raison de décomptes impayés et a demandé la régularisation urgente des paiements afin de permettre la reprise immédiate du chantier.
Quant au projet d’électrification rurale porté par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), il participe à l’objectif d’accès universel à l’électricité et à la réduction des inégalités territoriales. Le Premier ministre a toutefois signalé des blocages liés à l’admission et au dédouanement d’équipements importés, compromettant le calendrier d’exécution du programme. Il a ainsi instruit les ministres concernés de lever rapidement ces obstacles administratifs.
Enfin, le chef du gouvernement a annoncé que l’exécutif entamera prochainement une série de communications publiques sur de grands dossiers nationaux. La première portera sur la renégociation des conventions et contrats conclus dans les secteurs stratégiques.
A.N

