Tanger, un soir de gloire. Devant les 52.000 spectateurs et sous une tension électrique, le Sénégal a une nouvelle fois dompté l’Égypte pour s’offrir une place en finale de la CAN 2025.
Au terme d’un combat tactique haletant, les Lions ont trouvé la faille à la 77ᵉ minute grâce à leur leader éternel, Sadio Mané, auteur d’un but aussi libérateur que symbolique.
Un début de match sous haute tension
Fidèle à son style compact et prudent, l’Égypte a d’abord imposé son tempo, verrouillant tous les espaces. Mais les Lions ne se sont pas laissés piéger par le faux rythme pharaonique. Dès la 19ᵉ minute, Nicolas Jackson allume la première mèche d’une frappe cadrée, histoire de rappeler que le Sénégal est bien l’équipe la plus ambitieuse du continent. L’attaquant sénégalais multiplie ensuite les appels et provoque une faute du défenseur Hossan Abdelmegeed, sanctionné d’un jaune qui le privera de la finale.
L’intensité monte d’un cran. Dans la bataille, Kalidou Koulibaly, capitaine exemplaire mais malheureux, écope à son tour d’un avertissement après une faute sur Marmoush. Le coup est doublement dur : quelques minutes plus tard, le roc sénégalais se blesse et doit céder sa place à Mamadou Sarr (22ᵉ minute). Un coup de massue pour les Lions, qui n’abdiquent pourtant pas.
Domination, frustration et tensions
Le Sénégal prend la main sur le jeu. Habib Diarra et Pape Guèye orchestrent le milieu, dictent le tempo et testent la vigilance d’El Shenawy. Sans réussite. La fin de première période devient électrique : Diarra, frustré, commet une faute évitable et récolte un carton jaune — synonyme d’absence en finale, tout comme son capitaine. Deux pièces maîtresses hors-jeu, mais un collectif toujours vaillant.
À la pause, les Lions dominent la possession, mais le verrou égyptien tient bon. L’Égypte, fidèle à elle-même, n’a pas encore cadré le moindre tir.
La libération signée Sadio Mané
La seconde période démarre sur les mêmes bases : le Sénégal confisque le ballon, l’Égypte subit. Jusqu’à la 77ᵉ minute, la tension est à son comble dans les travées du Grand Stade de Tanger. Puis survient le moment que tout un peuple attendait.
Une remise involontaire à l’entrée de la surface égyptienne trouve Sadio Mané, qui contrôle, fixe El Shenawy et conclut d’un plat du pied clinique. Le stade explose, les 52 000 spectateurs chavirent de bonheur. 1-0, le Sénégal est virtuellement en finale.
Groggy, l’Égypte tente de réagir tardivement. À la 84ᵉ minute, elle signe enfin son premier tir du match, bien trop tard pour espérer inverser le sort. Pape Thiaw fait tourner : Chérif Ndiaye et Ismaïla Sarr remplacent Jackson et Iliman Ndiaye pour donner du sang neuf. En face, Hossam Hassan jette toutes ses forces offensives, sans succès. La dernière frayeur vient d’un tir de Marmoush, capté par Mendy.
Larmes, fierté et grandeur
Quand l’arbitre gabonais Atcho siffle la fin, les Lions s’écroulent de joie. Salah, tête basse, quitte la pelouse, impuissant face à la bête noire du football égyptien ces dernières années surtout en CAN. La star de Liverpool qui disputait peut-être sa dernière CAN, perd encore son duel contre Sadio Mané, son ancien partenaire en club. Le Sénégal, lui, inscrit une nouvelle page dorée de son histoire : troisième finale lors des quatre dernières éditions de la CAN après 2019 et 2021.
Au-delà de la victoire, c’est la confirmation d’une génération qui refuse de s’éteindre. Même amoindri, même blessé, le Sénégal garde son ADN de conquérant. Et comme souvent, c’est Sadio Mané, le talisman, qui montre la voie.
Le peuple sénégalais peut exulter : les Lions rugissent encore, et ils rugiront en finale. Le Sénégal va attendre tranquillement son adversaire dimanche à Rabat entre le vainqueur de l’autre demi-finale opposant le Nigeria à l’Egypte qui se jouera à 20h00 GMT.
Cheikh Gora DIOP, envoyé spécial au Maroc

