«Il n’y a aucune décision, à ce jour, de la Confédération africaine de football (CAF) qui ordonne à la sélection nationale du Sénégal de restituer les médailles et le trophée acquis sur le terrain. Cette décision n’existe pas ». C’est l’assurance ferme de Me Seydou Diagne aux supporters sénégalais.
Face à la presse, ce matin, Me Seydou Diagne a tenu à clarifier les contours de la décision rendue par le jury d’appel de la CAF concernant le litige. Selon l’avocat, la Fédération Royale Marocaine (FRMF) avait formulé quatre demandes distinctes. Si elle a obtenu gain de cause sur le constat du retrait et la victoire administrative, Me Diagne souligne un point crucial : « La demande de restitution du titre, du prize money, la demande de couronnement du Maroc, est rejetée ».
Il s’appuie sur le point 9 du dispositif notifié par la CAF, précisant que le jury d’appel a «clairement indiqué qu’il rejetait toutes les autres demandes de la Fédération Royale Marocaine ». Pour la défense sénégalaise, le titre acquis sur le terrain reste, à cette heure, dans les mains du Sénégal.
L’avocat a également dénoncé les délais de procédure, déplorant que neuf jours après la notification du dispositif, les motifs de la décision ne soient toujours pas parvenus à la FSF. Me Diagne a lancé un avertissement ferme aux instances de la CAF contre toute tentative de modifier la décision initiale a posteriori.
« On leur demande de ne surtout pas changer le dispositif […] ce serait pire qu’un crime, ce serait faire un faux et usage de faux devant la terre entière. Le Sénégal n’acceptera pas qu’on nous notifie une autre décision de justice pour nous demander qu’il y ait un point 10 ou un point 9 bis. »
L’affaire n’est pas close pour autant. Me Diagne a fustigé une démarche marocaine qu’il juge «déshonorante», consistant à réclamer un trophée deux mois après les célébrations. La défense sénégalaise, soutenue par l’expert en droit du sport, Me Juan de Dios Crespo, s’apprête désormais à porter le combat devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour faire valoir « la protection des valeurs de la discipline sportive ».
«Il n’y a aucune décision à ce jour de la CAF […] qui ordonne à la sélection nationale de restituer les médailles et le trophée acquis sur le terrain. Cette décision n’existe pas », a-t-il conclu pour rassurer les supporters sénégalais.
Retrait du trophée de la CAN: Me Seydou Diagne fustige «une décision abracadabrantesque et intolérable»
En conférence de presse, ce matin, à Paris, la défense de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a vivement critiqué la procédure du jury d’appel de la CAF, qui a décidé de retire le trophée de la CAN au Sénégal. Me Seydou Diagne a qualifié la décision d’ «inadmissible et intolérable», affirmant qu’elle ne peut « même pas être considérée comme une vraie décision de justice sportive, tellement elle est grossière, tellement elle est absurde, tellement elle est irrationnelle ».
L’avocat a décrit une séance du 17 mars aux allures de « pièce de théâtre ». Selon lui, après seulement quelques minutes de plaidoiries préliminaires, les avocats sénégalais ont été placés en salle d’attente virtuelle : «On va vous mettre en salle d’attente sur l’application Zoom… et on va revenir pour continuer l’audience». Cependant, l’audience n’a jamais repris. «Ce sont les Marocains qui nous ont informés qu’ils étaient rentrés chez eux parce que le jury disciplinaire leur a dit sur Zoom qu’en fait l’audience était terminée», révèle Me Diagne, avec stupéfaction.
Pour le coordinateur du pool d’avocats international (suisse, espagnol, français et sénégalais), ce dossier dépasse le cadre d’un simple litige entre fédérations. Me Diagne fustige ce que « le Maroc a fait faire à la CAF », prévenant que si de tels procédés sont validés, « le vainqueur de la prochaine Coupe du monde de football pourrait se décider également dans des cabinets d’avocats». Avant d’ironiser qu’il faudra «former des grands avocats pour avoir les étoiles sur les maillots».
La défense du Sénégal mise désormais sur la «juridiction arbitrale» (le TAS) pour rétablir les droits de la fédération et protéger l’intégrité des lois du jeu. « Et voilà pourquoi je pense que la fédération a été très inspirée de faire confiance à des avocats plus expérimentés, prestigieux, qui sont autour de vous et qui ont déjà fait leurs preuves partout dans le monde, dans d’autres pays, pour que nous ayons gain de cause devant le TAS », a conclu Me Diagne.
Fodé Bakary Camara