La séance de questions d’actualité au gouvernement à l’Assemblée nationale a été particulièrement musclé, marqué par la réplique cinglante d’Ayib Daffé, secrétaire général du parti Pastef et président du groupe parlementaire. Il a fermement pris la défense du gouvernement face aux critiques de l’opposition, les accusant d’absence, de fuite du débat et de maintenir le pays dans une « confusion » stérile.
Dès le début de son intervention, Ayib Daffé a pointé du doigt l’absence de certains collègues lors des moments clés du débat parlementaire. « Les collègues qui m’ont précédé ont voulu résumer la salle des questions d’actualité au gouvernement. Toutes les questions que vous avez posées, elles ont été posées hier par le ministre [et il] a répondu. Malheureusement, vous étiez absent. Vous avez décidé de vous éclipser. Vous avez décidé de fuir », a-t-il lancé avec véhémence.
Concernant les sujets soulevés par l’opposition – notamment la dette, les « dettes contingentes » et les « rapports cachés » – le président du groupe parlementaire Pastef a balayé ces allégations d’un revers de main. « J’ai entendu la présidente du groupe parler de dette, dette contingent, dette caché, rapport caché. Il n’y a aucune argumentation. C’est de la littérature », a affirmé M. Daffé.
Il a ensuite exhorté le ministre des Finances et du Budget à cesser de tenter de clarifier les chiffres pour l’opposition : « Monsieur le ministre, des finances et les budgets, ne perdez pas votre temps à les clarifier, à leur expliquer. Vous l’avez fait pendant toute l’année. Ils ne veulent pas comprendre. Ça ne sert à rien. Il faut qu’on avance ».
Ayib Daffé a par la suite fustigé l’attitude de l’opposition, l’accusant d’être responsable de la situation économique passée du pays et de chercher à envenimer le climat politique. Il a dénoncé ceux qui ont « mis leur pays à genou, au quatrième sous-sol » et qui maintiennent la nation dans des « débats marécageux, dans des débats nauséeux, dans des débats boueux ».
« Nous ne l’accepterons pas. Nous nous sommes mis dans la voie du redressement économique et social. Les solutions sont claires », a-t-il insisté, rappelant l’importance de siéger aux moments opportuns. Selon lui, pour avoir des réponses, il faut « siéger au moment des commissions, il faut venir participer aux questions d’actualités. Mais ne pas attendre la dernière minute pour venir vraiment nous importuner».
Le député a conclu son intervention en déplaçant le débat de la dette qu’il qualifie de « faux débat » vers l’augmentation des recettes publiques. « Je ne m’attarderais pas sur ce débat, c’est un faut débat. Je parle plutôt des recettes », a-t-il déclaré, avant de féliciter le ministre : « Monsieur le ministre des Finances, vous félicitez pour l’augmentation des recettes. 6 188 milliards avec une hausse de 1 174 milliards… ».
Cette sortie musclée d’Ayib Daffé souligne la rupture de ton au sein de l’hémicycle et la volonté du parti au pouvoir de se concentrer sur le programme de « redressement économique et social », rejetant toute tentative de l’opposition de remettre en question les fondamentaux budgétaires et financiers du gouvernement.

