Avec l’avènement du parti « Pastef-Les Patriotes », malgré la forte personnalité de leur leader, Ousmane Sonko, qui fait de l’ombre grâce à sa renommée, certains de ses jeunes fidèles arrivent à se faire un nom. Bassirou Kébé fait partie de ces responsables politiques qui ont su imposer le respect grâce à leur courage. « Le Soleil » brosse le parcours de ce jeune acteur politique, petit-fils du richissime homme d’affaires Ndiouga Kébé qui a marqué son époque par ses réalisations infrastructurelles.
Figure politique de la formation Pastef-Les Patriotes, Bassirou Kébé reste un homme libre à travers ses récurrentes prises de paroles. Son nom résonne depuis son limogeage de la tête de la Direction de la Sn Hlm. Considéré comme un homme courageux pour la grande majorité des « Patriotes » pro-Ousmane Sonko, président du Pastef, il reste néanmoins critiqué par l’opposition et même au sein de la majorité politique au pouvoir.
Élancé, lunettes toujours bien ajustées, à 35 ans, l’homme fait partie de cette classe de jeunes très tôt promus à de hautes fonctions. Petit-fils du richissime Ndiouga Kébé qui a marqué les années 1970 et 1980, Bassirou Kébé a tracé librement son chemin sans se prévaloir du statut de « fils de riche ». Doté d’une forte carapace intellectuelle, Bassirou s’est fait seul, sans user du nom de son grand-père. Son parcours le confirme. À 34 ans, il est nommé directeur général de la Sn Hlm. Son cursus scolaire est aussi honorable.
Comme tous les enfants issus de familles nanties, Bassirou Kébé a étudié à l’école Les Cours Sainte-Marie de Hann et au Collège africain sports études (Case), où il décroche, en 2008, son baccalauréat avec la mention. Brillant élève, il a été lauréat au Concours général. Celui qui deviendra le fidèle lieutenant de Ousmane Sonko a par la suite poursuivi des études supérieures en décrochant un Bachelor en International Studies avec honneur, Master en relations internationales et sciences politiques, certificat en levée de fonds pour organisations publiques.
Il faisait partie de ces élèves qui ont marqué l’école sénégalaise entre 2005 et 2008. Très tôt responsabilisé dans les entreprises qu’il a fréquentées, il s’est toujours distingué par ses qualités de manager. Il a été ainsi secrétaire général et chef du Pôle projets et innovations du groupe Focus Sa, filiale du Focus Investment Group.
Politicien courageux
Il a aussi travaillé à l’Onudc, dans le cadre du programme West African Network of Central Authorities and Prosecutors. Durant son bref passage à la tête de la Sn Hlm, le responsable politique du Pastef, Bassirou Kébé, a redressé cette société, selon ses partisans, et avait déjà lancé les projets de construction de logements sociaux. Il fait partie des rares technocrates qui ont été nommés à la tête d’institutions et qui leur ont donné de l’envergure. Comme son leader politique Ousmane Sonko, Bassirou Kébé est connu pour son franc-parler et son courage.
Depuis son adhésion à la cause du « Projet » de l’actuel Premier ministre, M. Kébé est resté constant. Après son départ à la tête de la Sn Hlm, plusieurs militants « Patriotes » lui ont exprimé leur soutien. Bassirou Kebé se faisait un point d’honneur à dénoncer « le recyclage des anciens du système et des mauvaises pratiques de l’ancien régime qui ont été restaurées ». À l’annonce de son limogeage, les mots de compassion, d’estime, de soutien et des témoignages ont plu.
Son « frère » Ngagne Demba Touré avait écrit sur un post : « Depuis que je l’ai connu, j’ai vu un patriote accompli, un leader constant et une personne affable. Courage, mon frère. Tu es un digne serviteur de ton pays ». Un internaute, camarade de parti, d’indiquer qu’« il a montré qu’il est un homme de principe dans un contexte où chacun protège ses intérêts. Il a gagné notre respect ». Le coordonnateur du Pastef à l’Université de Ziguinchor, Ansoumana Diémé, est allé dans le même sens en lui exprimant son soutien.
L’actuel directeur du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodiang, a également témoigné du patriotisme affirmé du jeune leader du Pastef, Bassirou Kébé. L’ex-Dg de la Sn Hlm n’avait pas manqué de réagir, en quelques mots, pour montrer que son remplacement n’enlève en rien son engagement dans le combat pour un changement appelé par leur chef de file, Ousmane Sonko. « Salam les patriotes. Merci pour tout. C’est un non-événement. Le combat continue », avait-il écrit sobrement.
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