L’incident aurait pu virer au drame. Le beau-frère du chef de l’Etat a échappé de justesse à des poursuites judiciaires.
Samedi soir, alors que Dakar panse ses plaies à la suite des fortes inondations, un grave incident se déroulait sur l’autoroute à péage. Le pire a été évité de justesse. L’affaire opposait Adama Faye, frère de la Première dame et du ministre Mansour Faye, sa fille de 16 ans et le petit-ami de cette dernière, âgé de 18 ans et fils de la directrice générale de la Société africaine de raffinage (SAR), Marième Ndoye Decreane.
D’après le récit paru ce lundi dans les colonnes du journal Enquête, ne voyant pas sa fille rentrer, alors que la nuit avançait, Adama Faye a pris sa voiture pour aller à sa recherche. Il la repère, grâce à la géolocalisation de son téléphone, dans un KFC. Avant de la retrouver, l’adolescente fait mouvement vers l’autoroute à péage. Elle était en compagnie de son ami-ami à bord d’un taxi.
Géolocalisation, KFC et course-poursuite
Adama Faye prend en chasse le taxi. Il réussit à le rattraper et demande au chauffeur de se garer sur le bord de la route. Ce dernier refuse d’obtempérer. Une course-poursuite est engagée. Après la quatrième injonction et coincé par le frère de la Première dame, le taximan se gare à hauteur de la gare de péage de Thiaroye.
Adama Faye bondit de son véhicule. D’après Enquête, il était «fou de rage» et muni d’une barre de fer; certains témoignages recueillis par le journal parlent d’une machette. Toutefois, le papa en colère fracasse la vitre du taxi qui était relevé.
Les éclats blessent au coude le petit-ami de sa fille. Le taximan, lui, est touché à l’oreille. La situation aurait pu dégénérer sans l’intervention du peloton autoroutier de la gendarmerie.
Plainte contre plainte, Mansour Faye entre en jeu
Après avoir consulté les images de vidéo de surveillance, les gendarmes arrêtent Adama Faye. Enquête révèle que ce dernier eut le temps d’appeler ses deux frères, le ministre des Transports, Mansour Faye, et le nommé D. Faye, moins connu du grand public.
Au même moment, rapporte le journal, des membres de la famille du jeune homme sont prévenus. Ils rappliquent sur les lieux et portent plainte pour coups et blessures volontaires et menaces de mort. Adama Faye réplique : il porte plainte à son tour pour «tentative de détournement de mineure».
C’est ainsi que Mansour Faye entre en scène. D’après Enquête, le ministre des Transports est à son tour arrivé sur les lieux en provenance de Saint-Louis, ville dont il est le maire. Son frère D. Faye débarque sur place aussi. Une médiation est entreprise, qui aboutit au retrait des deux plaintes.
Malgré tout, les gendarmes refusent de libérer Adama Faye. Mais, leur opposition ne durera pas longtemps. Le parquet leur demandera, d’après Enquête, de remettre en liberté le mis en cause. Ce qui fut fait.
Machette et menaces de mort
Des témoins cités par le journal se disent surpris par la tournure des événements. Ils confient : «Adama (Faye) a été catégorique, en soutenant que son objectif était de tuer le gamin, qu’il n’en a pas terminé avec lui, qu’il va lui régler son compte et définitivement».
Adama Faye réfute ces accusations. «Je ne suis pas du genre à menacer de mort un jeune de 18 ans, jure-t-il dans les colonnes d’Enquête. Tout ce qui m’intéressait, c’était de récupérer ma fille, la ramener à la maison et ensuite de voir avec les médecins s’il n’y a pas d’autres problèmes. Alhamdoulilah !»
Il n’a pas manqué de préciser que le seul rôle joué par son frère, Mansour Faye, dans sa libération, se limite à faire une médiation qui aboutit au retrait des deux plaintes. Adama Faye a également démenti avoir utilisé un coupe-coupe. «Un homme comme moi ne peut pas se promener avec un coupe-coupe, se défend-t-il. C’est une petite barre de fer qui a servi à casser la vitre du taxi pour récupérer ma fille. N’importe quel père de famille, dans une situation comme celle-là, aurait sans doute agi comme moi.»
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