Le Premier ministre Ousmane Sonko a axé sa communication, lors du Conseil des ministres de ce mercredi 7 janvier 2026, sur les priorités du Gouvernement en matière de commercialisation de l’arachide, de valorisation du riz local et de régulation entre l’industrie et le commerce.
Sur la campagne arachidière, le chef du Gouvernement est revenu sur la tournée qu’il a récemment effectuée dans le bassin arachidier, qui lui a permis d’apprécier l’état d’avancement du dispositif de commercialisation et d’évaluer l’application des orientations gouvernementales. Cette mission de terrain a donné lieu à des échanges directs avec l’ensemble des acteurs de la filière, révélant des contraintes persistantes liées notamment au respect du prix plancher, au manque de liquidité financière, à la fluidité des paiements, à la taxe à l’exportation, à l’insuffisance des points de collecte et à la lenteur dans le déchargement des camions.
Face à ces difficultés, Ousmane Sonko a réaffirmé la priorité accordée par l’État à la campagne de commercialisation de l’arachide. Il a insisté sur l’engagement du Gouvernement à garantir un prix juste aux producteurs, à assurer la fluidité des paiements, à sécuriser les circuits de collecte et de transport et à veiller à l’application rigoureuse des décisions issues des Conseils interministériels dédiés.
Dans ce cadre, l’objectif de collecte de la SONACOS a été porté de 250 000 à 450 000 tonnes. Pour soutenir ce relèvement, une enveloppe de 50 milliards de FCFA a été mobilisée par le ministère des Finances et du Budget, dont 22 milliards auprès de la Banque agricole (LBA) et 28 milliards auprès de la Banque nationale de Développement économique (BNDE). La subvention aux industriels sera accordée exclusivement à ceux qui justifieront leur approvisionnement direct à partir des points de collecte, conformément au prix plancher fixé. La suspension de la taxe de 40 FCFA/kg sur l’exportation des graines est, quant à elle, conditionnée à un approvisionnement exclusif auprès des points de collecte agréés.
Le Premier ministre a également instruit les services compétents de veiller à l’installation et au fonctionnement effectif des points de collecte et de mobiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin aux circuits parallèles. Dans une perspective de réforme structurelle, il a annoncé la mise en place d’un comité chargé de formuler des propositions pour une nouvelle politique de la filière arachidière.
Abordant la situation du riz produit dans le nord du pays, Ousmane Sonko a demandé au ministre en charge du Commerce de lui soumettre un plan d’actions opérationnel et structuré en vue du déstockage et de la commercialisation de cette production nationale.
Sur le plan de l’industrie locale, le chef du Gouvernement a relevé plusieurs défis majeurs, notamment la faible productivité, le déficit d’infrastructures, la faiblesse de l’innovation et l’inadaptation de la fiscalité face à la concurrence déloyale. Il a également pointé l’afflux massif de produits finis importés, plus compétitifs, entrant en concurrence directe avec la production nationale et générant une asymétrie fiscale et douanière.
À cet effet, il a demandé au ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels concernés, de veiller au respect strict des orientations définies. Celles-ci portent notamment sur l’élaboration d’une réglementation spécifique visant à créer davantage de débouchés pour les produits fabriqués localement, la prise de mesures correctives nécessaires, telles que la suspension ou la suppression de certaines taxes et la révision des taux, ainsi que l’application rigoureuse de la base taxable et de la fiscalité appropriées au cordon douanier.
S.G

