Invité de l’émission Objection sur Sud FM, dimanche 5 avril 2026, Thierno Alassane Sall, député non-inscrit et président du parti La République des Valeurs, a vivement réagi aux appels à l’unité lancés par le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Diakhar Faye à l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de la fête nationale de l’indépendance, tenue cette année à Thiès.
Dans une déclaration sans détour, il estime que « le chef de l’État comme le Premier ministre, comme l’ensemble du gouvernement sont disqualifiés pour nous faire des leçons d’unité », pointant du doigt un décalage entre les discours officiels et les pratiques observées au sommet de l’exécutif. Selon lui, « ils ne respectent pas le minimum auquel le pays est en droit de s’attendre ».
Renversant la rhétorique gouvernementale, le leader de La République des Valeurs renvoie cet appel à l’unité à son auteur : « On le leur renvoie avec leur Premier ministre. Encore faut-il que la posture qui vaille avec, que la bouche qui prononce ce discours et les actes soient en harmonie avec ces mots ».
Évoquant le contexte politique actuel, Thierno Alassane Sall souligne que « la majorité des Sénégalais qui ont voté pour le PASTEF l’ont fait avec l’espoir d’une gouvernance fondée sur la volonté et l’éthique de servir le pays ». Une attente qui, selon lui, a été trahie.
Il dénonce ainsi « l’éthique du comportement de l’ensemble de l’exécutif », qu’il considère comme « un danger pour la stabilité politique, économique et financière du pays ». À ses yeux, les dirigeants actuels ont non seulement déçu les espoirs placés en eux, mais aussi failli à leurs engagements : « Ils ont trahi non seulement la confiance des Sénégalais, mais également leur promesse de porter le Sénégal vers l’avant ».
Le député fustige par ailleurs un climat politique délétère marqué, selon lui, par des tensions permanentes : « Chaque jour est un jour de querelles, d’injures et d’attaques personnelles. Donc qu’ils ne nous donnent pas de leçons d’unité ».
Enfin, Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice par le régime en place. « La justice, qui est la seule institution qui porte le nom de vertu, n’a jamais été aussi peu vertueuse dans notre pays », a-t-il affirmé. Il estime que celle-ci est utilisée pour restreindre non seulement la liberté individuelle, mais aussi la liberté d’expression et de circulation des citoyens.
Ousmane GOUDIABY

