Le Sénégal s’est retrouvé sous les eaux après des fortes pluies le week-end. Une situation qui a amené le chef de l’Etat Macky Sall a déclenché le plan Orsec. Du côté de la coalition JOTNA/ Patriotes pour l’Alternative, on semble approuver, avec toutefois des inquiétudes.
«Nous exigeons la mise en place immédiate d’un dispositif de contrôle indépendant, participatif et rigoureux pour éviter tout détournement de fonds ou de matériel par une ‘’mafia du pompage’’ qui profite de la situation pour s’enrichir impunément. Le caractère urgent et catastrophique des situations d’inondation ne doit plus être un alibi aux pratiques de corruption », prévient la coalition, à travers un communiqué.
Ousmane Sonko et Cie dénoncent le manque d’anticipation de la part du gouvernement. Selon eux, tous les éléments d’appréciation de la situation sont à la portée du gouvernement pour que les mesures idoines soient prises au moment opportun. Il s’agit, entre autres, des changements climatiques dont les effets sont connus, des alertes, depuis des mois, d’agences spécialisées, sans oublier la croissance démographique et l’urbanisme sur lesquels les données sont disponibles.
La coalition Jotna rappelle que le Sénat a été supprimé en 2012 pour augmenter le budget alloué à la lutte contre les inondations. Macky Sall s’était même permis de vanter les mérites du plan décennal de gestion des inondations (2012-2022), lors de la campagne pour la présidentielle de 2019. Mais à l’arrivée, soutiennent Sonko et Cie, la situation s’est empirée. « Rien n’est réglé, presque tout reste à faire », s’exclament-ils.
Face à l’échec de ce plan ayant englouti 750 milliards, Jotna veut que la lumière soit faite sur ce programme. « Nous réclamons un audit technique et financier au vu de l’aggravation de la situation par la fréquence des sinistres, le nombre des impactés et la gravité des conséquences ».
Les patriotes ne veulent surtout pas entendre parler de pluies exceptionnelles. Pour eux, c’est un manque de planification, l’absence d’une politique cohérente d’occupation des sols qui favorise le laisser-aller. Ils en veulent pour preuve l’exemple des pays qui font face à des phénomènes naturels plus intenses et qui réduisent progressivement les conséquences.
« Le gouvernement doit définitivement adopter une politique d’aménagement harmonieux du territoire et de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) opérationnelle et pragmatique qui s’adapte aux changements climatiques », recommande la coalition.
Et pour cela, pas besoin de faire appel à l’expertise extérieure, puisque, selon Sonko et ses camarades, le Sénégal dispose de ressources humaines et techniques nécessaires pour la conception, le pilotage et la gestion. Il suffit donc de rompre avec une réponse politique inadaptée.
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