Moundiaye Cissé, coordonnateur exécutif de l’ONG 3D, insiste sur un préalable à toute loi encadrant les fonds politiques : publier d’abord les rapports sur l’usage des fonds de la Primature et de l’Assemblée nationale pour les deux dernières années. Dans des déclarations rapportées par LII Quotidien, il lance : « Pourquoi ne pas donner d’abord un signal fort en publiant les rapports sur l’utilisation des fonds gérés par la Primature et l’Assemblée nationale au cours des deux dernières années, avant d’engager une loi sur l’encadrement des fonds de la Présidence ? » Pour M. Cissé, une telle initiative constituerait un véritable exercice de transparence, parce que « la crédibilité d’une réforme commence toujours par l’exemplarité. »
S’il est favorable à un encadrement, le responsable associatif avertit néanmoins qu’une loi ne doit jamais sembler cibler un opposant politique : « une loi ne doit jamais donner l’impression d’être conçue contre un adversaire politique ». Il rappelle que le Premier ministre Ousmane Sonko a lui-même bénéficié de fonds politiques quand il exerçait des responsabilités, et estime que « si cette réforme avait été engagée à cette période, elle aurait probablement eu davantage de crédibilité ».
Il s’exprime dans un contexte où la question des fonds politiques est régulièrement débattue au Sénégal.
Cette prise de position s’inscrit dans un débat déjà nourri. En mai dernier, le journaliste Madiambal Diagne avait énuméré cinq actes possibles pour la majorité PASTEF, forte de 132 députés sur 165, parmi lesquels la suppression des fonds politiques.
Garga Diop
