Le district sanitaire de Touba, qui connaît un déficit de personnel, des ruptures de médicaments et un plateau médical défaillant, a enregistré et pris en charge 1048 cas de tuberculose en 2025.
MBACKÉ – Les difficultés de la prise en charge de la tuberculose persistent à Touba. Pourtant, des efforts ont été déployés par l’unité de diagnostic et de traitement installée au sein du centre de santé Djémoul de Touba, dans la région de Diourbel, abritant le district sanitaire. Ces difficultés ont été confirmées par Bathie Faye, responsable de la prise en charge et du traitement de la tuberculose et du Vih/Sida. Il s’exprimait, le mercredi 15 juillet 2026, lors d’une visite de presse de l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd). Selon lui, l’équation de la prise en charge des malades atteints de tuberculose est favorisée par plusieurs facteurs.
Il a d’abord cité le déficit en ressources humaines (médecins, infirmiers et assistants-infirmiers), la faiblesse de la formation continue des agents de santé et l’instabilité du personnel qui, quelques mois seulement après son affectation, est souvent redéployé dans d’autres districts sanitaires du Sénégal. « Ceci constitue une perte pour le district sanitaire de Touba », a regretté M. Faye. Les autres causes sont liées à l’insuffisance des moyens mis à la disposition du personnel. « Nous avons 2 machines de diagnostic pour couvrir 3 grands hôpitaux et 34 postes de santé. Elles tombent souvent en panne. Ce manquement favorise le sous-dépistage et la propagation de la maladie dans la communauté. Nous continuons à faire le plaidoyer pour l’acquisition de deux nouvelles machines de dépistage et de traitement », a-t-il souligné.
Le diagnostic tardif fait également partie des obstacles au traitement des malades atteints de la tuberculose. L’agent de santé a rappelé que ce retard est souvent causé par le recours à l’automédication et à la médecine traditionnelle. « Les patients viennent souvent à l’hôpital après avoir consulté les praticiens de la médecine traditionnelle », ajoute-t-il. Dr Faye a profité de son face-à-face avec les journalistes pour dresser le bilan du traitement de la tuberculose de l’année 2025 à Touba. Il a relevé que 1048 patients sont diagnostiqués et ils sont tous sous traitement, avec un taux de guérison de 48 %. Le responsable de la prise en charge et du traitement de la tuberculose et du Vih/Sida a tout de même salué les avancées notées dans la guérison tout en soulignant que ces performances sont réalisées grâce à l’implication des autres acteurs. « Nous avons formé 60 pratiquants de la médecine traditionnelle, pour qu’ils nous aident dans l’orientation des patients vers les structures de santé. Nous avons également travaillé avec 14 Organisations communautaires de base (Ocb), des relais communautaires et des « Badiènu Gox » dans le cadre de la sensibilisation, de la prévention et du dépistage précoce de la maladie », a fait remarquer Bathie Faye.
Le président du Réseau des Ocb du district sanitaire de Touba, Mouhamadou Manel Fall, a insisté sur l’augmentation des ressources pour permettre aux acteurs de faciliter le travail de sensibilisation. « Nous sommes 14 associations ayant l’ambition de sensibiliser et d’orienter des milliers de personnes », informe-t-il. Le médecin-chef du district sanitaire de Touba, Ndèye Maguette Diop Ndiaye, a salué la caravane de sensibilisation organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec le Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt). Elle a aussi insisté sur les facteurs de risques. Selon elle, les causes de la tuberculose à Touba sont liées à la pauvreté, à la promiscuité, aux rencontres religieuses, à l’exiguïté de certains moyens de transport, à la stigmatisation, etc. Elle a, dès lors, invité le ministère de tutelle à renforcer le plateau technique des structures de santé des régions et à décentraliser le traitement pour soulager les patients. Dr Ndiaye a également plaidé pour le dépistage ; ce qui leur permettra de prendre en charge les patients des zones éloignées.
Oumar Bayo BA (Correspondant)

