Le débat autour de la dette publique du Sénégal continue d’alimenter les réactions après la publication, le 14 juillet dernier, du Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024 du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, élaboré avec l’appui du cabinet international Forvis Mazars. Parmi les voix qui se sont exprimées figure celle de l’ancien directeur général du 3FPT, Dr Babo Amadou Ba, qui met particulièrement l’accent sur le poids du service de la dette prévu pour l’année 2026.
Dans une publication sur son compte X visité par Senego, l’universitaire estime que les chiffres désormais publiés confirment l’existence de ce qui était qualifié de « dette cachée ». Il rappelle que le stock de la dette publique est passé de 2 741,4 milliards de FCFA fin 2012, soit 40 % du PIB, à 25 585 milliards de FCFA fin 2024, représentant 128 % du PIB, selon les données consolidées, auditées et validées figurant dans le rapport.
Mais c’est surtout la projection concernant les remboursements qui retient son attention. « Cette année 2026, on paie 15 milliards/jour pour un service de la dette de 5 497 milliards », écrit-il, mettant en exergue le poids des échéances financières qui attendent le Sénégal.
Cette estimation est corroborée par les conclusions du rapport, qui indique que le pic du service de la dette sera atteint en 2026, avec un montant global de 5 498 milliards de FCFA, dont 4 307 milliards au titre du remboursement du principal et 1 191 milliards pour les intérêts. Rapporté à l’année, ce volume représente en moyenne près de 15 milliards de FCFA à décaisser chaque jour.
Selon le document, l’encours global de la dette du secteur public est passé de 11 219 milliards de FCFA en 2019 à 25 583 milliards de FCFA en 2024, tandis que le ratio d’endettement est monté de 81,8 % à 128,6 % du PIB sur la même période. Le rapport précise toutefois que ces données ne prennent pas encore en compte le rebasage du PIB, actuellement en cours de finalisation.
S’appuyant sur ces chiffres officiels, Dr Babo Amadou Ba affirme que « les faits ont toujours le dernier mot » et soutient qu’au-delà de la controverse autour de la dette cachée, l’encours de la dette a connu une progression spectaculaire au cours des douze dernières années. « Les faits ont toujours le dernier mot : 25 585 milliards de FCFA. En 12 ans, au delà de la dette cachée, Macky a réussi la prouesse de multiplier par 9 le stock de la dette », a-t-il écrit.
D’après les projections du Bulletin statistique, après le pic attendu en 2026, le service de la dette devrait progressivement diminuer pour s’établir à 2 966 milliards de FCFA en 2030. Toutefois, les prochaines années s’annoncent particulièrement exigeantes pour les finances publiques, avec un niveau de remboursement sans précédent qui pèsera fortement sur les marges budgétaires de l’État.

