Dos au mur après deux revers frustrants, l’équipe nationale du Sénégal a signé un réveil spectaculaire en balayant l’Irak (5-0) pour son troisième et dernier match de poule. Une démonstration offensive qui permet aux Lions de soigner leur différence de buts et de maintenir le suspense pour une qualification en seizièmes de finale au titre des meilleurs troisièmes.
La révolte était attendue, elle a fini par éclater. Après les désillusions subies face à la France (1-3) et la Norvège (2-3), les Lions du Sénégal ont magistralement rectifié le tir. Face à une équipe irakienne rapidement dépassée, les hommes de Pape Thiaw ont fait parler la poudre, s’offrant un précieux sursis dans la compétition.
Pour ce quitte ou double, le sélectionneur national n’a pas hésité à bousculer ses plans, procédant à cinq changements majeurs dans son onze de départ. Devant les cages, Mory Diaw a suppléé Édouard Mendy, forfait sur blessure. En charnière, Abdoulaye Seck a pris la place de Kalidou Koulibaly, tandis qu’Ismaïla Jakobs retrouvait son couloir gauche à la place de Malick Diouf. Au milieu et en attaque, Habib Diarra et le jeune Ibrahim Mbaye ont été lancés d’entrée, reléguant Pape Gueye et Nicolas Jackson sur le banc.
Au-delà des hommes, c’est l’animation qui a été repensée. Ismaïla Sarr a été repositionné dans un rôle de « faux neuf », laissant le flanc droit à Ibrahim Mbaye, alors qu’Habib Diarra s’est installé en soutien immédiat de l’attaque. Plus bas, Lamine Camara est venu prêter main-forte au capitaine du jour Idrissa Gana Gueye.
Une réorganisation payante dès l’entame. Dès la 4e minute, sur un corner de Lamine Camara, Abdoulaye Seck s’impose dans les airs. Sa reprise de la tête, déviée sur la trajectoire par Habib Diarra, prend le portier irakien à contre-pied (1-0). Le match bascule définitivement dix minutes plus tard. Coupable d’un accrochage de maillot sur Sadio Mané qui filait au but, le défenseur irakien Rebin Sulaka écope d’un carton rouge direct de la part de l’arbitre anglais Anthony Taylor (15e).
Une mi-temps en dedans, le réveil au retour des vestiaires
Pourtant, malgré cette supériorité numérique précoce, les Lions peinent à poser leur jeu et retombent dans leurs travers durant le premier acte. Face au bloc bas de l’Irak, le déchet technique agace et le rythme retombe, laissant planer le doute alors qu’un large succès est impératif pour soigner le goal-average.
Il aura fallu attendre le retour des vestiaires pour voir le rouleau compresseur sénégalais se mettre en marche. À la suite d’un excellent travail de récupération de Lamine Camara, Ismaïla Sarr hérite du cuir et double la mise (2-0). Un but historique pour l’attaquant, qui devient à cette occasion le meilleur buteur sénégalais de l’histoire de la compétition avec quatre réalisations.
Dans la foulée, Pape Thiaw effectue un triple changement capital avec les entrées de Pape Gueye, Nicolas Jackson et Iliman Ndiaye. Le message est d’enfoncer le clou.
Le festival de Pape Gueye
Entré avec une faim de loup, Pape Gueye n’a pas mis longtemps à se muer en dynamiteur. Sur son tout premier ballon, le milieu de terrain de Villarreal décoche une frappe limpide de l’extérieur de la surface qui nettoie la lucarne adverse (3-0). Inspiré, le numéro 26 des Lions récidive quelques instants plus tard d’un nouveau missile téléguidé dans la surface, laissant le gardien irakien de marbre (4-0).
Le festival offensif se clôture en beauté grâce à Iliman Ndiaye. Flamboyant, l’attaquant participe à la fête en décochant une lourde frappe aux abords de la surface pour signer la manita (5-0).
Avec cette victoire nette et sans bavure, le Sénégal empoche ses trois premiers points et redresse sa différence de buts (+2). Désormais, Pape Thiaw et ses protégés n’ont plus leur destin entre leurs mains. Il faudra s’armer de patience et scruter les résultats des autres groupes en espérant figurer parmi les huit meilleurs troisièmes, synonymes de billet pour les seizièmes de finale. Le peuple sénégalais retient son souffle.
Djibril DIAO

