Alors que la course à la succession d’Antonio Guterres au poste de Secrétaire général des Nations unies bat son plein en cette année 2026, les grandes manœuvres diplomatiques s’intensifient. En coulisses, l’ancien chef de l’État sénégalais, Macky Sall, s’active pour faire pousser ses chances. Sa team de campagne cherche à tout prix à entrer en contact avec l’administration Donald TRUMP. Sans succès. Confidentiel Afrique revient en exclusivité sur les coulisses des tentatives de connexion infructueuses TRUMP- Macky Sall.
Les manœuvres diplomatiques s’intensifient sur l’axe Marrakech- Bujumbura- Washington. Le mythe du réseautage huilé de l’ancien président sénégalais Macky Sall au sein de la Maison Blanche s’effondrait- il? Pourtant, face aux rumeurs persistantes alimentées par certains cercles de communication, une mise au point factuelle s’impose. Selon des sources bien informées parvenues à ConfidentielAfrique, Macky Sall et sa team de campagne se sont lancés dans un lobbying diplomatique pour se rapprocher de l’administration Trump. Sans succès. Selon des informations exclusives de Confidentiel Afrique, Macky Sall qui vit reclus dans sa résidence cossue de Marrakech n’est pas le favori de Washington, et encore moins un proche de l’administration Donald Trump.
Derrière la façade d’une prétendue «proximité» avec le locataire de la Maison-Blanche, la réalité du terrain diplomatique dépeint un tout autre tableau : celui d’une porte résolument fermée.
Le mirage d’un soutien américain : Le mur de la Maison-Blanche
Depuis qu’il a officialisé ses ambitions pour le 38e étage du « Glass House » à New York, Macky Sall a multiplié les initiatives pour séduire la diplomatie américaine. Conscient qu’aucun candidat ne peut s’installer à la tête de l’ONU sans l’aval- ou du moins la non-opposition- des membres permanents du Conseil de sécurité, l’ex-président sénégalais a tenté par tous les moyens d’établir une passerelle avec la team Trump.
Mais selon des confidences exclusives obtenues par Confidentiel Afrique auprès de sources diplomatiques bien introduites, cette entreprise de séduction s’est soldée par un échec cuisant. «Il n’y a eu aucun retour à ses nombreuses sollicitudes», confient nos sources sous le sceau de l’anonymat.
L’administration Trump, fidèle à sa doctrine et à ses propres priorités stratégiques, a purement et simplement bloqué les approches de l’ancien président sénégalais. Jamais Washington n’a envisagé de faire de Macky Sall son champion dans cette course multilatérale. Ce dernier dans une opération de charme a ouvertement apporté son soutien aux projets de réforme portés par le président américain Donald Trump. Adoptant une rhétorique calquée sur celle de la Maison-Blanche, l’ancien chef d’État africain a exprimé sa volonté de « Make the UN Great Again » (MUNGA) ou « Rendre à l’ONU sa grandeur ».
Un passif historique loin de l’idylle
Pour quiconque analyse froidement l’histoire récente, ce froid polaire entre Donald Trump et Macky Sall n’a rien d’une surprise. Les archives médiatiques et diplomatiques rappellent que les deux hommes ont souvent été aux antipodes. En témoigne le choc des déclarations de 2018. On se souvient du tollé international provoqué par Donald Trump lorsqu’il avait qualifié les nations africaines et Haïti de « pays de merde ». À l’époque, Macky Sall, alors en exercice, n’avait pas caché son indignation. Il avait publiquement réagi en se disant « choqué », ajoutant qu’il « rejetait et condamnait vigoureusement » des propos insultants, rappelant que « l’Afrique et la race noire méritent le respect et la considération de tous ».
Macky Sall se pose aujourd’hui en chantre du multilatéralisme revitalisé pour le Sud Global, tandis que la doctrine Trump reste profondément ancrée dans le nationalisme de l’« America First » et le scepticisme vis-à-vis des instances onusiennes.
Une candidature en quête d’ancrage
Porté officiellement devant l’Assemblée générale par le Burundi (qui préside l’Union africaine) et non par son propre pays- ce qui témoigne déjà de fractures internes au Sénégal-, Macky Sall fait face à une concurrence féroce, notamment venue d’Amérique latine avec des figures comme Michelle Bachelet ou Rebeca Grynspan.
En tentant de survendre une proximité imaginaire avec Donald Trump, certains soutiens espéraient sans doute donner une stature intouchable à l’ancien président. La réalité est désormais publique : les appels du pied de Macky Sall sont restés lettre morte à Washington. Pour l’administration américaine, le candidat africain n’est pas, et n’a jamais été, l’homme de la situation. En cherchant l’appui direct de Washington via un discours de rupture, il fait un choix géopolitique à haut risque : court-circuiter la règle non écrite de la rotation régionale au profit d’une alliance bilatérale forte.
Mais à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, cette approche soulève des questions fondamentales sur l’avenir du multilatéralisme, confie à Confidentiel Afrique un diplomate bien connecté à Washington.
Un autre caillou dans les chaussures de l’ancien président sénégalais Macky Sall. Celui du dilemme de l’arbitre intègre: un Secrétaire général peut-il conserver la neutralité absolue exigée par sa fonction lorsqu’il s’aligne publiquement sur la ligne politique d’une grande puissance ?
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)

