Vingt-quatre ans après l’épopée historique de 2002, El Hadji Ousseynou Diouf a retrouvé, au Palais de la République, une scène chargée de souvenirs. Lors de la cérémonie de remise du drapeau national par le président Bassirou Diomaye Faye aux Lions du Sénégal, avant leur départ pour la Coupe du monde, l’ancien numéro 11 des Lions a replongé dans les émotions vécues avant le Mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon. L’ancien international sénégalais évoque, pour Le Soleil Sports, les chances de la bande à Sadio Mané lors de la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Vous avez entendu le discours du chef de l’État. Qu’est-ce que cela représente pour les joueurs à l’approche de la Coupe du monde ?
J’ai toujours eu l’habitude de dire que c’est une grande fierté de recevoir le drapeau des mains du chef de l’État et d’être galvanisé par le président de la République. Quand le président encourage les joueurs, c’est au nom de tous les Sénégalais : ceux qui vivent ici, ceux de la diaspora, mais aussi tous les Africains qui soutiennent l’équipe du Sénégal. Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes prêts. Maintenant, c’est à nous d’aller représenter dignement le Sénégal à travers notre comportement, sur le terrain comme en dehors, ainsi qu’à travers nos gestes et nos actes.
Vous confirmez que nous avons toujours une équipe de très grande qualité ?
Effectivement, nous avons une équipe de très grande qualité, l’une des meilleures d’Afrique. Nous comptons des joueurs de classe mondiale comme Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye, Édouard Mendy ou encore Kalidou Koulibaly. Maintenant, il faudra le démontrer sur le terrain. Vous savez, une Coupe du monde est le rendez-vous des grands joueurs. Cette génération doit se fixer un objectif : écrire sa propre histoire, comme ses aînés l’avaient fait en 2002, de la plus belle des manières, en battant la France (1-0), en dominant de grandes équipes et en atteignant les quarts de finale. Pourquoi cette génération ne pourrait-elle pas aller encore plus loin, jusqu’en demi-finale, voire en finale ? Oui, je pense que c’est tout à fait possible.
Quel sera le discours d’El Hadji Diouf, qui avait battu la France en 2002, avant ce nouveau Sénégal-France prévu le 16 juin prochain ?
Moi, je ne suis pas dans l’émotion. Je ne suis pas quelqu’un qui pense uniquement à une victoire du Sénégal contre la France. Je pense surtout à une chose : que l’équipe réponde présent, comme nous l’avions fait à l’époque. Nous avions répondu présent dans les duels, techniquement et mentalement, sur tous les plans. Mon discours aux jeunes sera simple : prendre du plaisir, en donner aux supporters et surtout remporter ce match historique, comme l’ont toujours été les confrontations entre le Sénégal et la France.
Quelles sont les chances du Sénégal dans cette compétition ?
Nous avons de réelles chances. Dans notre groupe, les favoris sont le Sénégal et la France. Maintenant, à nous de tout donner pour que notre peuple, notre nation et tout le continent africain soient fiers de nous. Aujourd’hui, nous avons de très bons joueurs. Nous n’avons rien à envier aux autres. La preuve : nos joueurs évoluent dans les mêmes championnats, et parfois même dans les mêmes clubs. Certains sont même coéquipiers.
Qu’attendez-vous de la colonne vertébrale de l’équipe du Sénégal ?
Comme d’habitude, j’attends de ces joueurs qu’ils soient responsables, prêts et capables de tout donner, comme ils ont toujours su le faire.
Peut-on dire que lorsque Sadio Mané est en forme, l’équipe fonctionne forcément mieux ?
Sadio est le leader technique et moral de cette équipe. Nous avons toujours besoin d’un joueur comme lui. Il apporte énormément, tout comme Édouard Mendy, Idrissa Gana Guèye ou Kalidou Koulibaly. C’est pour cela que l’on parle de colonne vertébrale. Lorsque cette ossature fonctionne bien, l’équipe du Sénégal suit naturellement. Ce que l’on demande à ces joueurs, c’est simplement de jouer comme ils savent le faire. Je ne vais pas leur dire de ne pas ressentir de pression, mais ils ont l’expérience nécessaire. Ils ont disputé de grands matchs dans de très grands clubs et connaissent la Ligue des champions, le très haut niveau ainsi que les grands rendez-vous.
Pour terminer, que faut-il attendre de la jeune garde, notamment d’Ibrahim Mbaye ?
On ne leur demande pas de briller individuellement. En Coupe du monde, beaucoup de joueurs veulent se mettre en valeur, mais la force de cette équipe réside dans son collectif. Quand Ibrahim Mbaye entre sur le terrain, il doit penser avant tout à aider ses coéquipiers. Celui qui joue doit tout donner afin de permettre à celui qui entre de poursuivre le travail dans les meilleures conditions. Cette équipe n’a pas besoin d’un seul joueur. Elle gagne ensemble et elle perd ensemble. La véritable force du Sénégal, ce n’est pas seulement Ibrahim Mbaye ou Sadio Mané, c’est le groupe, la cohésion. Bien sûr, nous avons besoin que ces joueurs soient au sommet de leur forme et qu’ils confirment leur statut de joueurs de classe mondiale, mais toujours au service de l’équipe.
Propos recueillis par Abdoulaye DEMBÉLÉ
