Le FDR a vigoureusement dénoncé la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire PASTEF, visant à « modifier l’article L29 et à abroger l’article L30 du Code électoral ». Dans un communiqué, ses membres ont appelé à la résistance pour faire face à ce qu’ils qualifient de « forfaiture ».
La proposition de loi déposée par le groupe parlementaire PASTEF, visant à modifier l’article L29 et à abroger l’article L30 du Code électoral, expression d’une crise profonde et irréversible au sommet de l’État, doit être perçue comme un coup de force institutionnel en gestation.
Depuis 1992, le Sénégal a bâti sa stabilité sur le consensus entourant les règles du jeu électoral. En rompant brutalement avec cette tradition pour imposer des règles taillées sur mesure au profit de son seul dirigeant, PASTEF sape les fondements de la démocratie sénégalaise.
Le Code électoral est un contrat servant de base à la dévolution démocratique du pouvoir. Vouloir le traiter comme un simple règlement intérieur de parti, c’est abîmer la République en s’attaquant à son socle. Que dire de cette précipitation ? Que penser de ce refus du dialogue ? La réponse est claire : il ne s’agit ni plus ni moins que de tordre le cou à la loi pour satisfaire l’ambition de pouvoir d’un seul homme !
Le ministère de l’Intérieur a été utilisé pour inscrire frauduleusement sur la liste des électeurs le Président de PASTEF pour lui permettre de diriger une liste de candidats aux dernières élections législatives. Et c’est cette fraude, combinée à la rétention illégale d’une décision du Conseil constitutionnel, qui a donné une majorité illégitime à PASTEF à l’Assemblée nationale.
Ce parti s’est aussi servi du ministère de la Justice pour engager une procédure de révision de jugement de son Président sans que celui-ci n’ait eu la décence de démissionner afin d’éviter un manifeste conflit d’intérêt, le plaçant dans l’infame position de juge et de partie.
Cette tentative de modification de la loi est donc le troisième acte de la forfaiture de PASTEF. Il s’agit d’une loi personnalisée, taillée à la mesure d’un seul homme, contumax et condamné, en sursis et à une forte amende, dans deux affaires distinctes.
Et comble de félonie, cette loi est rendue rétroactive sans motif d’ordre général à seule fin de servir les lubies d’un homme croyant que sans lui l’univers cesserait d’exister !
Il convient alors de rappeler que la loi doit être générale et impersonnelle. Lorsqu’elle devient l’instrument d’une faction, elle perd sa légitimité et n’appelle qu’une seule réponse : la résistance.
Le FDR exige : – le retrait immédiat et sans condition de cette proposition de loi particulière et personnelle ; – l’ouverture sans délai d’une concertation inclusive sur le code électoral sous l’égide de personnalités neutres ; – le respect scrupuleux du calendrier électoral et des droits de tous les acteurs politiques.
La démocratie sénégalaise a été conquise de haute lutte par le sacrifice de générations entières.
Elle mérite d’être défendue avec toute la détermination nécessaire. Le FDR entreprendra en conséquence les contacts nécessaires avec toutes les forces vives, les organisations de la société civile et les citoyens épris de justice et de paix en vue d’organiser, à Dakar et dans toutes les autres régions, des manifestations massives jusqu’au retrait pur et simple de cette imposture législative.
Fait à Dakar, le 16 avril 2026 La Conférence des Leaders

