Des aménagements écologiques sont prévus à Sébikotane et à Diamniadio (département de Rufisque) pour faire face à la forte pollution de l’air. Celle-ci est consécutive, selon une recherche participative, menée en collaboration avec l’Ucad et le Centre national de la recherche scientifique (Cnrs), à l’installation d’usines polluantes dans ces localités.
LYON – La qualité de l’air est très dégradée à Sébikotane et à Diamniadio, dans le département de Rufisque (région de Dakar). C’est ce que révèle une étude conduite, dans le cadre d’un projet de recherche participative soutenu par l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Uacd) et le Centre national de la recherche scientifique (Cnrs).
« En 2022, une équipe de scientifiques est arrivée à Sébikotane pour faire une étude sur la qualité de l’air. Ainsi, on nous a sollicités, en tant que jeunes engagés, pour participer au projet. Sur ce, nous avons déployé des capteurs à écorce d’eucalyptus qui sont restés dans les maisons pendant six mois. Les premiers résultats nous montrent qu’à Sébikotane et Diamniadio, l’air est très pollué », a renseigné Ousmane Thiam Diouf, responsable des enquêtes en santé environnementale de l’Observatoire écocitoyen pour la connaissance des pollutions dans la zone de Sébikotane et Diamniadio.
Intervenant lors d’une session, dans le cadre du Sommet One Health de Lyon (6-7 avril 2026), cet étudiant en master 2 de géographie à l’Ucad, a fait savoir, évoquant des études antérieures à celle menée dans les deux collectivités territoriales citées, qu’« avant 1970, Sébikotane était une terre vivable, une terre d’agriculture, une terre paisible. Mais après l’installation des industries, elle est devenue une autre ville, une ville répulsive même ». Cette situation a motivé les prélèvements effectués pour mesurer le niveau de pollution de l’air dans ces deux communes.
Selon M. Diouf, depuis que l’initiative AirGéo a été transformée en projet écocitoyen impliquant les populations, l’installation des usines a baissé dans la zone de recherche. Mieux, celles qui sont déjà sur place ont commencé à modifier leur mode de fonctionnement par rapport à l’utilisation de produits polluants.
« Actuellement, nous sommes en train de faire de Sébikotane ce qu’elle était, à savoir une terre vivable », s’est-il réjoui, saluant la mobilisation des populations contre l’installation d’usines polluantes. « Actuellement, on est en train de faire de Sébikotane ce qu’elle était, à savoir une terre vivable ».
Toutefois, pour y arriver, Ousmane Thiam Diouf estime qu’il est impératif de dépolluer la zone. D’autant plus, qu’a-t-il mentionné, une usine de recyclage de batteries est à l’origine d’une forte pollution sur le site. Même si cette dernière a cessé ses activités dans cette zone, il reconnait qu’il est, cependant, difficile de « déplacer automatiquement les entreprises déjà installées sur place ».
Dans le cadre de la dépollution des sites pour améliorer la qualité de l’air, M. Diouf a fait part de l’érection prochaine d’un parc attractif à Sébikotane. « Le maire nous a octroyés six hectares. Les travaux vont démarrer d’ici six mois. Ensuite, on va aller à Diamniadio où il n’est pas prévu un parc, mais des jardins écologiques », a informé le responsable des enquêtes en santé environnementale de l’Observatoire écocitoyen pour la connaissance des pollutions dans la zone de Sébikotane et Diamniadio.
Ces espaces verts ont pour vocation de fixer la pollution. À cet effet, des activités de reboisement sont prévues dans ces deux collectivités territoriales pour limiter la pollution avant de s’attaquer à d’autres chantiers. Parmi ces derniers figure l’extension de cette initiative à Rufisque, Bargny, voire Sendou et Yenne, a-t-il signalé.
Maïmouna GUEYE (Envoyée spéciale à Lyon)

