Réunis samedi à Dakar, les acteurs du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) ont alerté sur une crise profonde aux répercussions majeures sur l’économie nationale.
À l’initiative d’un comité dirigé par l’ingénieur Alé Diouf, la rencontre a permis de dresser un diagnostic clair et de proposer des solutions concrètes pour une relance rapide. Le secteur traverse une période difficile marquée par le ralentissement des activités, la hausse des coûts des matériaux et la fragilisation des entreprises. « Lorsque le BTP va mal, c’est toute l’économie qui vacille », a rappelé le coordonnateur. En effet, derrière les chantiers à l’arrêt, ce sont des milliers d’emplois qui sont menacés, touchant non seulement les ouvriers, techniciens et ingénieurs, mais aussi les fournisseurs, commerçants et plusieurs secteurs connexes, y compris les banques et les assurances. Les chiffres de Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) illustrent cette tendance, avec une baisse de 31,8 % du chiffre d’affaires du génie civil en 2025. Face à cette situation jugée critique, les professionnels appellent à des mesures urgentes. Parmi les priorités, l’apurement des dettes de l’État est considéré comme essentiel pour restaurer la confiance et soulager la trésorerie des entreprises. Les acteurs proposent également un allègement fiscal temporaire, incluant des différés de paiement et une révision des pénalités.
La relance des investissements publics et privés apparaît comme un autre levier majeur, avec une meilleure intégration des entreprises locales et une révision de certains critères d’attribution des marchés.
Enfin, un appel a été lancé aux banques pour assouplir les conditions de crédit afin de soutenir les entreprises en difficulté. Au-delà de l’urgence, les participants plaident pour une action concertée et durable, estimant que la relance du BTP est indispensable à celle de l’économie nationale.
O. FEDIOR

