Au total, l’État du Sénégal a mobilisé 2225 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa-Titres) en 2025, contre 998 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 122,8 % en glissement annuel. C’est ce qui ressort du rapport sur le « SENEGAL : Développements économiques récents et Perspectives », rendu public mercredi par le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération.
Durant l’année 2025, sur le marché régional des titres publics de l’union monétaire ouest-africaine (Umoa-Titres), les États de l’union ont fortement accru leur recours au marché domestique. Ainsi, ils ont mobilisé 11 859 milliards de FCFA, soit une hausse de 45,9% par rapport à 2024.
Pour le Sénégal, le rapport intitulé : « SENEGAL : Développements économiques récents et Perspectives », rendu public par les services du ministère de l’Économie, renseigne que le Trésor public a mobilisé 2225 milliards de FCFA sur ce marché.
Or, au total, 998 milliards de FCFA ont été levés en 2024, soit une hausse de 122,8% en glissement annuel. Selon le document, les émissions sont demeurées dominées par les obligations du Trésor, qui représentent 65,6% du total, tandis que les bons du Trésor constituent 34,5% des titres émis.
« En termes de souscription, les banques sénégalaises ont assuré 55,5% des placements, tandis que les banques ivoiriennes ont détenu 35,9% des titres émis en 2025. Ce constat suggère que la capacité de mobilisation du Sénégal sur le marché régional devrait être appréciée à l’échelle du PIB de l’Union plutôt que du seul PIB national, dans la mesure où plus de 45% des émissions ont été souscrites par des non-résidents », lit-on dans le document.
Cette hypothèse est, d’après la même source, cohérente avec l’objectif d’élargissement de la base des investisseurs. Par ailleurs, malgré le recours accru du Sénégal au marché des titres publics ainsi qu’au marché de la syndication, un effet d’éviction financière n’a été observé en 2025. La croissance des crédits à l’économie s’étant établie à 8,4% en glissement annuel, après une progression de 5,1% en fin décembre 2024.
Le marché régional de la dette évalué à 4020 milliards de FCFA
« En complément, sur le marché de la syndication (APE), le Sénégal a levé 1795 milliards de FCFA, portant le total des ressources mobilisées sur le marché régional de la dette à 4020 milliards de FCFA en 2025 », renseigne le rapport.
Au-delà du marché domestique, le document de la tutelle informe que sur les marchés financiers internationaux, les conditions d’accès des pays africains se sont améliorées à partir du second semestre et plus nettement vers la fin de l’année 2025.
« Pour le Sénégal, les rendements sur certains eurobonds ont atteint des niveaux particulièrement élevés en 2025, notamment pour l’échéance 2028, traduisant les effets de l’incertitude budgétaire consécutive aux révisions des données des finances publiques et à l’absence d’un programme avec le FMI », indique le texte.
Dans ce contexte, le recours accru au marché régional, y compris en attirant des non-résidents hors-UEMOA, apparaît comme un levier essentiel pour assurer la couverture des besoins de financement à court terme, sachant que les fondamentaux de l’Union dans son ensemble sont solides.
Des défis à relever pour une économie dynamique
Au total, il ressort aussi de ce rapport que la conjoncture économique du Sénégal en 2025 se caractérise par une croissance portée par le secteur extractif, une amélioration notable des équilibres extérieurs et une consolidation budgétaire progressive.
Toutefois, plusieurs défis persistent, notamment la faible dynamique de l’économie hors hydrocarbures, la hausse du besoin de financement de l’État et les conditions encore restrictives d’accès aux marchés financiers internationaux.
Dans ce contexte, il est recommandé, la poursuite des efforts de consolidation budgétaire, l’élargissement de la base des investisseurs sur le marché régional et l’accélération des réformes structurelles demeurent essentiels. Ceci, pour renforcer la soutenabilité macroéconomique et soutenir une croissance plus inclusive et diversifiée.
Mais également, le maintien de la stratégie de consolidation à l’horizon 2027 et l’accès au marché régional permettent d’aboutir à un verdict de soutenabilité à moyen terme de la dette.
Mariama DIEME

