À moins de deux semaines de l’ouverture du Daaka de Médina Gounass, la grève nationale des transporteurs paralyse les préparatifs de l’une des plus grandes retraites spirituelles d’Afrique de l’Ouest. Le Cadre d’Échanges et d’Organisation des Disciples de Thierno Mouhamadou Saïdou Ba (CEOD/TMS) appelle à une suspension urgente du mot d’ordre.
Le compte à rebours est lancé. Du 18 au 27 avril 2026, des centaines de milliers de fidèles venus du Sénégal et de la diaspora convergeront vers la brousse de Médina Gounass pour le Daaka, cette retraite spirituelle annuelle d’envergure internationale qui se tient à une dizaine de kilomètres de la ville sainte. Mais cette année, l’organisation de l’événement se heurte à un obstacle inattendu : la grève nationale des transporteurs.
Dans un communiqué publié ce lundi 7 avril 2026, le CEOD/TMS tire la sonnette d’alarme et demande à toutes les parties de trouver rapidement une issue à ce conflit.
Des équipes bloquées dans les gares routières
Sur le terrain, les conséquences du mouvement social se font déjà sentir. Les équipes techniques, les émissaires et les acteurs logistiques chargés de préparer le site sont, selon le CEOD/TMS, « actuellement bloqués dans plusieurs gares routières, retardant considérablement le démarrage des travaux essentiels ».
Ces travaux comprennent le désherbage du site et la mise en place de pare-feu contre les feux de brousse, une précaution vitale dans une zone de brousse sèche en avril, ainsi que l’installation des tentes, espaces d’accueil et équipements d’hébergement pour les pèlerins.
« Chaque jour de blocage supplémentaire constitue un risque réel pour la sécurité et l’organisation de cet événement majeur », avertit l’organisation.
Les transporteurs, « maillon essentiel » d’une chaîne fragile
Loin de s’inscrire dans un rapport de force, le CEOD/TMS choisit la voie de la reconnaissance. Le communiqué salue explicitement le rôle des transporteurs, décrits comme « un maillon essentiel » dont « l’engagement, la disponibilité et la contribution logistique permettent chaque année l’acheminement sécurisé des fidèles, des marchandises et du matériel vers le site ».
C’est précisément cette dépendance structurelle qui rend la situation aussi préoccupante. Sans transport, pas de Daaka, ou du moins, pas dans les conditions de sécurité et de dignité que méritent les centaines de milliers de fidèles attendus.
Un appel solennel à l’État et aux syndicats
Le CEOD/TMS formule un double appel. À l’État du Sénégal, d’abord, pour qu’il « fasse preuve de diligence et de souplesse dans la gestion de cette situation ». Aux syndicats de transporteurs, ensuite, pour qu’ils « mesurent les enjeux spirituels, sociaux et économiques liés au Daaka ».
L’organisation va plus loin en exhortant les transporteurs à « envisager une suspension temporaire de leur mot d’ordre », le temps de permettre le bon déroulement des préparatifs et l’acheminement des pèlerins vers Médina Gounass.
Bien plus qu’un événement religieux
Le CEOD/TMS rappelle que le Daaka dépasse sa seule dimension spirituelle. Chaque année, l’événement génère d’importantes activités commerciales et des revenus pour de nombreux acteurs économiques locaux et régionaux, un argument supplémentaire adressé aux syndicats pour peser le coût réel d’un bras de fer prolongé.
« La réussite du Daaka de Médina Gounass, véritable pilier de la stabilité spirituelle et sociale du Sénégal, dépend de l’engagement de tous », conclut le communiqué.
O.B.N

