Le bras de fer entre les syndicats de transporteurs et le ministère de tutelle n’est pas près de prendre fin. Après plusieurs jours de grève, aucune issue ne se profile à l’horizon. Le ministre refuse de céder sur les points de revendications, contraignant les syndicats à reconduire leur mot d’ordre jusqu’à nouvel ordre.
Sur la question du transport irrégulier, la position syndicale est tranchée. En effet, le dossier ne nécessite pas la mise en place d’une commission. Une fin de non-recevoir que les grévistes opposent à toute tentative de dilatoire de la part des autorités.
Parmi les points de blocage soulevés, la mesure d’interdiction de circuler la nuit fait aussi l’objet d’une vive contestation. Selon les syndicats, loin de réduire la mortalité sur les routes, cette mesure a produit l’effet inverse : alors que le nombre de décès annuels était inférieur à 600 avant son entrée en vigueur, il dépasse désormais les 800. Un bilan accablant qui, selon eux, démontre l’inefficacité totale du dispositif.
Sur le dossier des minicars, appelés Cheikhou Chérifou, le ministère a confirmé que, à l’exception de Thiès et Fatick dont les véhicules continuent de dépendre du Centre technique de Dakar, toutes les autres régions pourront désormais effectuer leur visite technique localement.
Du côté syndical, la déception est palpable. « Nous avions espoir de trouver des points de convergence. Mais étant donné que le ministre ne veut pas bouger sur ces points, nous avons décidé de poursuivre notre grève jusqu’à nouvel ordre », ont déclaré les représentants des syndicats.
Malick Diop, secrétaire administratif du Syndicat Autonome des Chauffeurs de Taxis Urbains et Activités Connexes du Sénégal (SAC-TAXIS), joint par téléphone par Dakaractu, a tenu à saluer les efforts du président du Haut Conseil du Dialogue Social, tout en pointant les limites de son action : « Il a fait son devoir lors des premières 72 heures de grève. Mais si la tutelle ne veut pas bouger, il n’y aura jamais d’accord. »
Sans inflexion du ministère, la paralysie du secteur risque de se prolonger, avec toutes les conséquences que cela implique pour les usagers et l’économie du transport au Sénégal.

