Le ton monte d’un cran dans le dossier sensible de l’Aide à la presse. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le parquet de Dakar a décidé de passer à l’offensive en enclenchant une procédure visant directement Mame Matar Guèye, désormais dans le collimateur de la Justice.
Une procédure judiciaire déclenchée
D’après L’Observateur, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a transmis un « soit-transmis » à la Sûreté urbaine. Une décision qui ouvre officiellement la voie à l’audition du président de l’ONG Jamra dans les prochains jours.
Toujours selon le journal, une convocation pourrait lui être notifiée dès ce mardi, pour une audition qui pourrait intervenir dans la foulée, voire au plus tard mercredi, dans les locaux de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar.
Des déclarations qui dérangent
À l’origine de cette affaire : des propos jugés explosifs tenus récemment par Mame Matar Guèye lors d’une conférence de presse. Dans une vidéo largement relayée, il dénonce ce qu’il considère comme une gestion opaque et inéquitable de l’Aide à la presse.
Il évoque notamment une enveloppe globale estimée à 1,5 milliard de FCFA, dont la répartition aurait, selon lui, été entachée de favoritisme. Dans ses déclarations, il affirme qu’une part importante — près d’un milliard de FCFA — aurait bénéficié à des médias perçus comme proches du pouvoir, laissant le reste à des organes dits indépendants.
Des accusations graves, qui marquent un tournant dans les prises de position habituelles de l’activiste, davantage connu pour ses combats sociétaux.
Une enquête pour démêler le vrai du faux
Face à ces affirmations, le parquet a décidé de saisir la Sûreté urbaine afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Les enquêteurs chercheront à déterminer la véracité des informations avancées par le président de Jamra.
L’objectif est double : vérifier s’il détient des éléments concrets pouvant étayer ses accusations, ou, à défaut, établir d’éventuelles responsabilités pénales, notamment pour diffusion de fausses nouvelles.

