Les chiffres officiels délivrés ce mardi ne laissent aux six autres candidats que des miettes, observe notre envoyée spéciale à Brazzaville, Amélie Tulet. Plus tôt dans la journée, l’un d’entre eux, Destin Gavet, dont c’était la première participation à un scrutin présidentiel, a tenu une conférence de presse pour dénoncer des irrégularités et la coupure totale des télécommunications dimanche et lundi. Le réseau n’est d’ailleurs pas complètement revenu à la normale ce 17 mars, même si les connexions ont commencé à se rétablir à la mi-journée.
Pour Ivan Ngoy, directeur exécutif de l’ONG Global Participe, cette élection est un grand recul pour la démocratie au Congo. C’est « une élection Nintendo » selon Bertrand Menier, porte-parole de la mission d’observation citoyenne de la plateforme de la société civile CAPGED. Il affirme que « les résultats ne reflètent pas la réalité ». D’après la plateforme, il y a eu de nombreuses irrégularités durant la journée de dimanche, et l’élection n’a été « ni juste, ni libre, ni transparente ». L’universitaire Etanislas Ngodi considère quant à lui que Denis Sassou-Nguesso a obtenu « un score à la soviétique », rappelant au passage que ce dernier « maîtrise les institutions, l’appareil sécuritaire et l’appareil administratif ».
Quand les chiffres annoncés mardi seront confirmés par la Cour constitutionnelle, Denis Sassou-Nguesso pourra donc être investi pour un cinquième mandat consécutif, un quinquennat après quatre décennies déjà cumulées à la présidence.

