Un véritable séisme administratif ébranle actuellement le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. D’après des révélations du quotidien L’Observateur, un vaste réseau de falsification de documents officiels, impliquant des agents de l’État et des membres des Forces de défense et de sécurité (Fds), a été démantelé par la Section de recherches (Sr) de Colobane.
Selon L’Observateur, l’affaire, qui a éclaté la semaine dernière, prend de plus en plus d’ampleur et fait grand bruit jusque dans les plus hautes sphères de l’administration. Au cœur du scandale : le Bureau de législation, une entité stratégique chargée de la gestion et de la validation de documents administratifs sensibles.
Un réseau bien structuré infiltré au cœur de l’État
Les investigations menées par la Section de recherches ont permis de mettre à nu une organisation bien rodée, spécialisée dans la falsification et la légalisation frauduleuse d’actes d’état civil destinés à des démarches à l’étranger. Le réseau aurait opéré directement depuis une annexe du ministère, profitant de complicités internes pour donner une apparence légale à des documents falsifiés.
Au total, 14 suspects ont été déférés au parquet ce lundi, parmi lesquels plusieurs agents de l’administration. Les personnes interpellées répondent aux initiales de B. Sadio, O. Kantèye, A. Sèye, L. Ndiaye, Cheikh K. Sadio, M.D. Sidibé, M. Guèye, D. Thomas, M.D. Wane, O. Diouf, G. Nzaly et A. Adji. Toujours selon L’Observateur, un mandat d’arrêt a également été émis contre un agent des Fds, actuellement en fuite et considéré comme un élément clé du dispositif.
Des accusations lourdes et un dossier explosif
Les mis en cause font face à des charges particulièrement graves : association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique authentique, concussion et corruption. Des infractions qui traduisent l’ampleur et la gravité des faits reprochés.
L’opération menée par les gendarmes a permis la saisie de plus d’une centaine de documents d’état civil falsifiés ou en cours de traitement. Ces pièces auraient servi à faciliter des procédures administratives à l’étranger, notamment dans le cadre de demandes de visa ou d’installation hors du pays.
Vers une information judiciaire imminente
Face à la gravité des faits, le parquet pourrait rapidement ouvrir une information judiciaire afin d’approfondir les investigations et d’identifier d’éventuelles ramifications du réseau. Cette étape permettra notamment de déterminer les responsabilités exactes de chaque suspect et d’évaluer l’ampleur réelle du système.
Dakaractu

