Au Sénégal, la prévalence de la maladie rénale est estimée à 4,3 % de la population, soit environ 774 000 personnes affectées. Face à ce défi, l’État a considérablement renforcé l’offre de soins dédiée à cette pathologie, selon un dossier de presse publié jeudi par le ministère de la Santé à l’occasion de la journée mondiale consacrée aux maladies rénales.
Au Sénégal, on estime que la grande majorité des personnes atteintes ignorent leur état de santé rénale. Les estimations nationales révèlent que chaque année, entre 2 000 et 4 000 patients atteignent les stades 4 et 5 de la maladie rénale chronique, des stades avancés nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale pour survivre.
Or, selon une note d’information du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, sans traitement de suppléance à ce stade, la mortalité est de 100 %. A travers le pays, la même source, indique que trois techniques permettent de suppléer la fonction rénale lorsque les reins ne fonctionnent plus suffisamment.
980 patients en hémodialyse régulière
Il s’agit de l’hémodialyse, la dialyse péritonéale et la transplantation rénale. Ces trois modalités de traitement sont désormais disponibles au Sénégal.
« Au début de l’année 2025, on dénombrait 980 patients en hémodialyse régulière, 53 patients traités par dialyse péritonéale, et 4 patients ayant bénéficié d’une transplantation rénale dans le pays », lit-on dans le document.
Ainsi, le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a posé des actes concrets et significatifs pour améliorer la prise en charge des malades rénaux.
Il s’agit d’extension du réseau des centres de dialyse. A ce propos le document souligne que le nombre de centres publics d’hémodialyse est passé de 2 à 26 centres entre 2010 et 2025, avec une présence dans presque toutes les régions du pays. Il existe dans le pays 14 centres privés d’hémodialyse.
L’achat des kits de dialyse passe de 2,7 à 5,2 milliards de FCFA
Il est aussi relevé parmi les efforts de l’Etat, la gratuité totale de la dialyse dans le secteur public depuis 2013 : cette mesure a permis de sauver des milliers de vies. Sur ce, la tutelle signale que le budget consacré à l’achat des kits de dialyse est passé de 2,7 à 5,2 milliards de FCFA.
« Le Sénégal dispose actuellement de 40 centres d’hémodialyse (dont 26 publics et 14 privés), 446 générateurs, et 3 unités de dialyse péritonéale opérationnelles. Ces infrastructures représentent un investissement national pour la santé et la dignité des patients », poursuit le document.
Au-delà, il urge de noter que le pays compte aujourd’hui plus de 40 néphrologues et a mis en place un cadre légal pour la transplantation rénale, avec la création du Conseil National de Don et de Transplantation (CNDT), régi par décret, et l’adoption de textes législatifs et réglementaires dédiés.
Mariama DIEME
