Le Sénégal fait partie des pays africains qui bénéficient le plus des transferts de migrants. Entre 2000 et 2025, leur enveloppe a progressé de 2.000 milliards de FCfa. Des actifs que le gouvernement compte valoriser à travers des circuits organisés.
Au Sénégal, la diaspora a un énorme poids économique et financier. Il est caractérisé par des envois de fonds et des réalisations sociales d’envergure. Ces dernières années, les transferts de ces Sénégalais de l’extérieur ont évolué de manière exponentielle. Ils sont passés de 132 milliards de FCfa en 2000 à 2.200 milliards de FCfa en 2025.
Après 2000, le rythme s’est accéléré, selon les données économiques et financières publiques dont une copie nous est parvenue, passant à 524 milliards de FCfa. Sept années plus tard, le pouvoir économique des Sénégalais de la diaspora s’est renforcé, atteignant 903,8 milliards de FCfa. Le rythme croissant a été maintenu en 2017.
Cette année-là, 1.100 milliards ont été transférés au Sénégal. Cinq ans plus tard, en 2022, ces transferts de migrants ont affiché une progression de 4,8 %, atteignant 1.700 milliards de FCfa, soit 9,8 % du PIB. En 2021, les envois de la diaspora sénégalaise étaient de 1.600 milliards FCfa, une hausse de 5 % par rapport à l’année 2020.
En 2023, ces transferts de fonds ont augmenté de 8 % pour atteindre 1.818,1 milliards de FCfa, grâce notamment aux envois en provenance de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Toujours pour 2023, le Sénégal, selon la Banque mondiale, s’est hissé parmi les cinq principaux bénéficiaires africains de transferts de fonds des migrants, captant à lui seul 11 % de l’enveloppe continentale.
Des actifs à valoriser
Pour valoriser les atouts de sa diaspora, le Sénégal lui a dédié une journée. Célébrée pour la première fois le 17 décembre 2025, il s’agit, d’après le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’une initiative forte qui consacre la reconnaissance officielle de la place centrale des Sénégalais de l’extérieur dans la construction nationale.
À l’en croire, cette journée traduit la volonté de l’État de renforcer les liens entre la Nation et sa diaspora considérée non seulement comme une source de solidarité, mais surtout comme un partenaire stratégique du développement. Aux yeux du chef de l’État, leur travail, leurs sacrifices, leurs compétences et leurs investissements, les Sénégalais de l’extérieur contribuent, de manière décisive, à la transformation économique, sociale et technologique du pays.
À côté de cette reconnaissance, le gouvernement du Sénégal entend également favoriser une contribution plus accrue aux financements de l’économie par des mécanismes structurés. En effet, pour le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ce potentiel doit désormais être canalisé vers des instruments structurés et porteurs d’avenir.
« Nous avons connu un déficit budgétaire de 12 % et un taux d’endettement de 118 %. Votre implication dans ce « Diaspora bond » peut donner l’élan décisif au redressement économique et social du pays », a-t-il souligné lors d’une rencontre, à Milan, avec la diaspora.
M. Diba explique qu’au-delà des transferts familiaux, l’État, à travers ce nouvel outil, ambitionne de faire de la diaspora un véritable pilier de la croissance nationale via une participation directe et durable au financement public et aux projets stratégiques.
Demba DIENG

