La quatrième édition du Barbecue Géant (festival de dibi), organisée par les pages Facebook Let’s go sortir au Sénégal (373 831 abonnés) et « Sortir au Sénégal » (23 000 abonnés), s’est tenue le dimanche 15 février au CICES. Un évènement sous le signe du partage et de la convivialité.
Viande grillée, jeux interactifs, rencontres. Voici les trois ingrédients secrets de la réussite du fameux « Festival de dibi », initié en juin 2021. Cette quatrième édition n’a pas dérogé à la règle. Dès l’entrée, des effluves de viande grillée flottent dans l’air, annonçant déjà la couleur. La fumée qui se dégage des stands attire irrémédiablement l’attention. Au cœur de Dakar, la quatrième édition du festival de dibi ou Barbecue Géant a pris ses quartiers cette année au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), offrant un cadre plus spacieux à un événement devenu incontournable pour les amateurs de « dibiterie ».
Cet évènement, où toutes les viandes se marient dans une parfaite symbiose, est concocté par la fondatrice Rokhaya Mbaye dans le but de réunir les gens autour de la table du partage, de la convivialité et de la promotion de la cohésion sociale. Son ambition est claire : « promouvoir le vivre-ensemble, permettre aux Sénégalais de sortir et surtout valoriser les entrepreneurs locaux ». Après plusieurs éditions, le festival change d’échelle. « Cette année, nous avons choisi le CICES pour que ce soit plus spacieux », explique-t-elle. Pari réussi : les allées sont pleines, les grillades crépitent et les exposants affichent le sourire.
« Un honneur de participer »
Assise sur une natte, à l’ombre d’un manguier, Adji Gundo, venue de Keur Massar avec sa sœur et une amie, déguste une bonne assiette de côtelettes de viande. La jeune fille n’en est pas à son coup d’essai. « C’est ma quatrième participation », lance-t-elle, enthousiaste. Pour cette amatrice de dibiterie, l’événement est devenu un rendez-vous annuel. « C’est une excellente idée créée par Rokhaya Mbaye. C’est une journée qu’on passe ensemble, à manger et à s’amuser. », se réjouit-elle.
Pour Adji, l’initiative dépasse la simple dégustation : « Ça permet aux gens de se regrouper, toutes classes sociales confondues. C’est une excellente idée à encourager. »
Autour d’elle, les groupes d’amis s’installent à l’ombre, partagent des brochettes de mouton et commentent la qualité des marinades. L’ambiance est conviviale, presque familiale.
Matar Diouf, acteur de scène et coach en développement personnel, a choisi d’y venir avec ses enfants. « À travers la cuisine, ils peuvent découvrir le monde entier », explique-t-il. Pour lui, la gastronomie est un outil d’ouverture culturelle.
« On connaît le théâtre ou le cinéma pour le développement personnel. Mais la cuisine aussi permet de découvrir les identités, les cultures. C’est un bon prétexte pour une ouverture vers le monde », insiste-t-il. Ce dernier estime que « les moments les plus précieux, ce sont ceux qu’on passe à manger ensemble. » Une première participation réussie pour ce père de famille, séduit par l’initiative, tout en saluant cette vitrine des entrepreneurs.
Tremplin pour les entrepreneurs
Sous une tente animée, Astou Bébé La Rose s’affaire derrière son grill.De la marinade à la grillade, « la seule femme dibitier au Sénégal » gère tout, épaulée par ses employés. Mouton, pigeon, lapin, canard, poulet : son stand attire les curieux. « C’est ma troisième participation. Nous sommes à l’aise ici, l’espace est agréable. C’est une belle publicité pour nous », dit la propriétaire de « Farafina Gastro » tout sourire.Elle formule toutefois un souhait : voir l’événement se décentraliser pour toucher d’autres régions du pays.
À quelques pas, Amadou s’affaire à surveiller la grillade des dibis « Thiéte ». Pour le propriétaire des Saveurs du Fouta, ce festival de grillades est une occasion en or pour mieux se faire connaitre tout en augmentant ses chiffres.
Un peu plus loin, Marie Ndiaye représente sa marque de poulet « Poultry’ M ». Poulets entiers frais, découpes, produits marinés prêts à l’emploi : son offre cible notamment les célibataires et les femmes actives « qui n’ont pas toujours le temps de cuisiner ».
Employée de bureau et entrepreneuse par passion, elle voit dans le festival une opportunité stratégique. « C’est ma première participation en tant qu’exposante. Je veux me lancer davantage, ouvrir un site internet, développer ma présence sur les réseaux sociaux », souligne-t-elle.
Pour elle, le Barbecue Géant est un véritable tremplin : « Ça permet aux petits entrepreneurs de montrer leurs produits et de gagner en visibilité. »
Dans un pays où l’hospitalité se définit également par le regroupement autour d’un repas dans une ambiance conviviale, le « Festival du dibi » entre en phase avec cette philosophie. « Il accueille des milliers de personnes. Le but est d’en faire une grande activité qui dépasse nos frontières », ambitionne Rokhaya Mbaye.
A.NDIAYE

