Réuni avec le comité exécutif en Dar es Salaam, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a dévoilé une série de décisions majeures appelées à remodeler en profondeur le football continental.
Organisation de la CAN 2027, réforme disciplinaire, arbitrage et refonte du calendrier : l’instance panafricaine entre dans une phase de transformation stratégique.
CAN 2027 : le projet “Pamoja” confirmé
Face aux rumeurs évoquant un retrait de l’organisation en raison de retards d’infrastructures, Motsepe a tenu à rassurer. Selon Sport News Africa, le projet conjoint “Pamoja”, porté par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, est maintenu.
Le président de la CAF a reconnu l’existence de défis logistiques, mais s’est dit convaincu que l’Afrique de l’Est sera prête. L’instance entend s’appuyer sur l’expérience récente du CHAN organisé dans la région pour relever ce défi d’envergure.
Discipline et arbitrage : la CAF hausse le ton
Les incidents observés lors de la finale de la CAN 2025 ont également été au cœur des débats. Malgré le sacre de l’Équipe du Sénégal de football, certains comportements jugés inacceptables ont poussé la CAF à envisager un durcissement du code disciplinaire.
Motsepe a annoncé une révision des amendes et sanctions afin qu’elles soient proportionnelles à la gravité des infractions. L’objectif : préserver l’image et l’intégrité de la compétition.
L’arbitrage, régulièrement pointé du doigt, fera également l’objet d’une évaluation approfondie. Comparant les performances observées en Côte d’Ivoire et au Maroc lors des deux dernières éditions, le président de la CAF a reconnu des insuffisances, tout en réaffirmant la volonté de garantir impartialité et professionnalisme.
Une CAN tous les quatre ans et élargie à 28 équipes
La décision la plus structurante concerne le rythme de la CAN. À partir de l’édition 2028, la compétition se tiendra désormais tous les quatre ans, et non plus tous les deux ans. Cette mesure vise à harmoniser le calendrier africain avec les standards internationaux et à réduire les tensions récurrentes avec les clubs européens concernant la libération des joueurs.
Dans la même dynamique, la CAF réfléchit à un élargissement du tournoi à 28 équipes, contre 24 actuellement. Selon Motsepe, cette évolution permettra d’accroître la compétitivité et d’offrir à un plus grand nombre de nations l’opportunité de participer à la vitrine du football africain.
Une Ligue des nations africaine pour combler le vide
Pour compenser la disparition de la CAN biennale et préserver les revenus des fédérations, la CAF lancera une Ligue des nations africaine. Organisée tous les deux ans selon un format zonal, cette nouvelle compétition devra soutenir le développement des infrastructures et permettre à chaque pays de disputer davantage de rencontres à domicile.
En saluant la qualité des installations marocaines, Motsepe a insisté sur la nécessité pour l’ensemble du continent de s’aligner sur des standards élevés.
À travers ces annonces, la CAF affiche une ambition claire : moderniser son modèle, renforcer la crédibilité de ses compétitions et inscrire durablement le football africain dans une dynamique plus structurée et compétitive.

