Ils n’ont disputé aucune minute lors des sacres du Sénégal à la CAN 2021 au Cameroun et à la CAN 2025 au Maroc. Pourtant, leurs noms sont gravés dans la mémoire collective sénégalaise au même titre que ceux des héros du terrain. Moustapha Name et Yehvann Diouf ont marqué ces finales d’une autre manière, par des gestes forts, humains, devenus symboles d’un groupe soudé.
En 2021, lors du premier titre continental de l’histoire du Sénégal, Moustapha Name, alors milieu de terrain du Paris FC en Ligue 2 française, n’entre jamais en jeu. Mais au coup de sifflet final, ses larmes bouleversent tout un pays. Devant les caméras de la RTS, son émotion est si sincère qu’elle fait pleurer jusque dans les rangs des journalistes. Ces larmes font le tour du monde et entrent dans la légende de la CAN sénégalaise. Elles racontent mieux que n’importe quel discours la solidarité d’un groupe et la fierté de contribuer à une victoire collective, même sans avoir foulé la pelouse. Beaucoup de joueurs ayant disputé des minutes lors de cette CAN sont aujourd’hui oubliés. Les larmes de Moustapha Name, elles, sont restées.
Quatre ans plus tard, en 2025, c’est un autre remplaçant qui se distingue en finale : Yehvann Diouf, troisième gardien des Lions. Comme Name avant lui, le portier de l’OGC Nice ne joue pas une seule minute durant la compétition. Mais lors d’une finale âprement disputée, sous une pluie battante, son rôle devient crucial. Édouard Mendy, gardien titulaire, est victime de vols répétés de serviettes, indispensables pour essuyer ses gants et son visage afin d’éviter que le ballon ne glisse. Ramasseurs de balles et même certains joueurs adverses tentent de s’en emparer.
Yehvann Diouf décide alors d’agir. Il protège les serviettes de Mendy, les cache, les récupère, n’hésite pas à s’interposer physiquement. Il se retrouve au sol, est pourchassé, bousculé, mais ne lâche rien. Comme un lion, il défend ce détail qui peut faire basculer un match. Un geste simple en apparence, mais déterminant dans un contexte de très haute tension.
Cet épisode lui vaudra d’ailleurs des taquineries à son retour à Dakar, lorsque le Premier ministre Ousmane Sonko, amusé, lui demandera : « Alors, où sont les serviettes ? » Une boutade qui résume l’impact de son acte dans l’imaginaire collectif.
Moustapha Name et Yehvann Diouf, deux gaïndés, ont rappelé une vérité essentielle du football : les titres ne se gagnent pas uniquement avec ceux qui sont sur la feuille de match. Ils se construisent avec un groupe uni, solidaire, prêt à se battre pour chaque détail. Parfois, une CAN se gagne avec des buts et des arrêts. D’autres fois, avec des larmes… ou des serviettes.
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